L’affaire Justin Koné Katinan prend une nouvelle tournure. Le 4e vice-président du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI), placé en garde à vue à la préfecture de police d’Abidjan, fait désormais l’objet d’un second chef d’accusation, selon la direction de son parti.
Une évolution de la procédure que le PPA-CI dénonce comme un « harcèlement judiciaire » visant ses cadres et militants. Dans une déclaration lue jeudi au siège du PPA-CI, à Abidjan, par Léon Emmanuel Monnet, président exécutif du parti, en présence notamment de Hubert Oulaye et Assoa Adou, la formation de Laurent Gbagbo a livré sa version des circonstances ayant conduit au maintien en garde à vue de son responsable.
Selon Léon Emmanuel Monnet, tout a commencé lundi 7 septembre, lorsque Cissé Bacongo a saisi le procureur de la République d’une plainte pour diffamation visant Justin Koné Katinan ainsi que Laurent Gbagbo, présenté comme le référent politique du PPA-CI. Les griefs à l’encontre du responsable du parti auraient ensuite été exposés mercredi 9 septembre à la préfecture de police. Au cours de la procédure, les avocats de Koné Katinan ont soulevé un préalable juridique. Le PPA-CI affirme que son vice-président, en raison de ses anciennes fonctions ministérielles, bénéficie des dispositions prévues par une loi de 2005 encadrant les poursuites visant d’anciens membres du gouvernement.« Koné Katinan, en tant qu’ancien ministre, est protégé par la loi de 2005 », a soutenu Léon Emmanuel Monnet.
Selon le président exécutif du parti, ce texte prévoit la saisine préalable de la Cour de cassation et son autorisation avant qu’un ancien membre du gouvernement puisse être entendu dans le cadre d’une procédure judiciaire. C’est à la suite de cette contestation que les enquêteurs auraient fait état d’un nouveau motif de poursuite, selon le récit livré par le PPA-CI. Une seconde accusation autour de la présidentielle de 2025.
D’après le parti de Laurent Gbagbo, les policiers enquêteurs ont alors évoqué, sur instruction du procureur de la République, une accusation de trouble à l’ordre public en lien avec l’élection présidentielle d’octobre 2025. Pour le PPA-CI, cette nouvelle charge constitue un changement important dans le dossier, puisqu’elle intervient alors que la plainte initiale portait sur des faits de diffamation. Le parti souligne également le décalage temporel entre les faits évoqués et la procédure actuelle, la présidentielle remontant à près d’un an. C’est sur la base de cette seconde accusation que Justin Koné Katinan a été maintenu en garde à vue à la préfecture de police d’Abidjan dans la nuit du mercredi 9 au jeudi 10 septembre, affirme la direction du PPA-CI.
Selon les informations communiquées par le parti, son audition devait reprendre jeudi à 14 heures, en présence de ses avocats. Le PPA-CI dénonce un « harcèlement judiciaire »Au-delà du cas de Koné Katinan, le PPA-CI entend donner à cette procédure une portée politique.
Le parti estime qu’il s’agit d’une nouvelle illustration des pressions exercées, selon lui, sur ses responsables et ses militants.« C’est la première fois dans l’histoire de la démocratie ivoirienne qu’un parti au pouvoir engage des procédures judiciaires contre un parti d’opposition qui n’a fait qu’exercer son droit constitutionnel et son devoir de parti politique responsable », a déclaré Léon Emmanuel Monnet.
La formation de Laurent Gbagbo affirme que ses prises de position relevaient de l’exercice normal de l’activité politique et de son rôle d’opposition. Elle accuse notamment le pouvoir de chercher à sanctionner ses dénonciations concernant ce qu’elle présente comme « l’un des nombreux scandales du RDR devenu RHDP ».
Le PPA-CI dénonce enfin un « harcèlement judiciaire » de ses cadres et militants et entend maintenir la pression autour du dossier de son 4e vice-président. La procédure judiciaire devra désormais déterminer la nature exacte des charges retenues contre Justin Koné Katinan et leurs suites.
Maxime KOUADIO








