À l’issue du Conseil des ministres du mercredi 5 août, le gouvernement ivoirien a réaffirmé sa décision d’augmenter les prix des carburants à la pompe. Face aux critiques suscitées par cette mesure, le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement a développé un argumentaire articulé autour de trois axes. D’abord la flambée des cours mondiaux du pétrole, le coût élevé des subventions consenties par l’État et les contraintes imposées par l’équilibre des finances publiques.
Cette prise de parole intervient alors que la Côte d’Ivoire, devenue productrice de pétrole et de gaz grâce aux récentes découvertes offshores, voit une partie de l’opinion publique s’interroger sur la pertinence d’une hausse des prix de l’énergie.
Pour le gouvernement, l’origine de cette augmentation est d’abord extérieure. Le porte-parole a expliqué que les tensions géopolitiques au Moyen-Orient continuent d’alimenter la hausse des cours du pétrole brut, avec des répercussions sur le transport maritime, le gaz et, plus largement, l’ensemble des marchés énergétiques. « Inévitablement, tous les pays sont impactés par la hausse du prix du baril. La Côte d’Ivoire, comme les autres États, est adossée aux cours internationaux », a-t-il déclaré, rappelant que le pays ne fixe pas les prix du pétrole indépendamment des fluctuations du marché mondial.
Le gouvernement affirme avoir retardé autant que possible cette décision. Depuis le mois de février, selon le ministre, l’État a absorbé une partie des hausses grâce à un important mécanisme de subvention. « Le prix actuellement pratiqué reste inférieur à celui qui aurait normalement dû être appliqué. L’État injecte plus de 200 milliards de FCFA de subventions pour maintenir les prix actuels », a-t-il indiqué. Ces ressources, a-t-il poursuivi, auraient pu financer des infrastructures sociales ou d’autres investissements publics. Elles ont néanmoins été orientées vers le soutien au pouvoir d’achat afin d’éviter une envolée plus brutale du coût de la vie. L’ajustement annoncé représenterait, selon le gouvernement, une hausse moyenne d’environ 3,5 %, présentée comme une augmentation « contenue » au regard de l’évolution des prix internationaux.
Le ministre a souligné que plusieurs pays ayant prolongé des politiques massives de subventions avaient vu leurs déficits publics se creuser. La Côte d’Ivoire, a-t-il affirmé, entend maintenir son déficit dans les limites convenues avec le Fonds monétaire international (FMI). « Si nous avions disposé d’une autre solution que cette augmentation, nous l’aurions choisie », a insisté le porte-parole, estimant que cette décision était devenue inévitable.
L’un des principaux messages du gouvernement visait à corriger une idée largement répandue : celle selon laquelle un pays producteur de pétrole devrait automatiquement vendre ses carburants à bas prix. « Le fait que nous produisions du pétrole ou du gasoil ne signifie pas que nous pouvons fixer des prix inférieurs aux cours mondiaux. Les coûts restent indexés sur le marché international », a expliqué le ministre. Autrement dit, la production nationale ne met pas la Côte d’Ivoire à l’abri des fluctuations du marché mondial de l’énergie.
Le gouvernement estime toutefois que les importantes découvertes pétrolières et gazières ouvriront de nouvelles perspectives budgétaires. Selon le porte-parole, les revenus tirés de l’exploitation de ces ressources viendront d’abord renforcer les recettes de l’État. Si leur niveau devient suffisamment élevé, ils pourraient permettre de financer davantage de mécanismes de soutien aux consommateurs. « Ces ressources viendront renforcer le budget de l’État. Si elles deviennent suffisamment importantes, elles pourraient permettre de soutenir davantage les mécanismes de subvention », a-t-il conclu.
M.K








