L’ancien ministre de la Défense, Lida Kouassi, et Ibrahim Zigui, un activiste des réseaux sociaux assimilé à un soutien du parti PPA-CI, vont humer à nouveau l’air frais de la liberté. La Cour d’appel d’Abidjan a ordonné la mise en liberté de ces deux détenus au Pôle pénal d’Abidjan (Ppa) ce lundi 6 juillet 2026. L’information circule, depuis le début de cet après-midi sur les réseaux sociaux, et notamment sur la page facebook du PPA-CI. L’ancien ministre de la Défense, selon les informations émanant de proches de la direction de son parti, bénéficie d’une liberté sous contrôle judiciaire, tandis que Ibrahim Zigui est mis sous liberté provisoire rendue publique par son avocat Me Ange Rodrigue Dadjé.
Moïse Lida Kouassi a été arrêté en août 2025 suite à des incidents survenus, dans la nuit du 1er au 2 août, à Yopougon, où un bus de transport public a été incendié et une voiture de police dégradée par des individus armés de machettes, de gourdins, d’armes à feu et de cocktails incendiaires. Quelques jours après cet incident, l’ancien ministre de la Défense de Laurent Gbagbo et son camarade de parti, l’ex-ambassadeur de Côte d’Ivoire en Afrique du Sud, Boubacar Koné, ont été interpelé et placés sous mandat de dépôt pour leur responsabilité présumée dans ces évènements. Moïse Lida Kouassi aura donc passé plus de 10 mois en détention au Ppa dont il en ressortirait « très souffrant » selon un activiste des réseaux sociaux dont la révélation est reprise sur la page du PPA-CI.
Quant à Ibrahim Zigui, il aura séjourné également durant 10 mois en prison après son interpellation dans la nuit du 1er septembre 2025, à Abidjan, dans un contexte tenu marqué par les préparatifs de l’élection présidentielle d’octobre 2025. On reproche à cet activiste dit pro-Gbagbo la diffusion sur les réseaux sociaux d’une vidéo dans laquelle il appelait ses partisans à se mobiliser à l’occasion de la publication de la liste définitive des candidats à la présidentielle par le Conseil constitutionnel. Ses propos ont été considérés de nature à troubler l’ordre public, ce qui avait occasionné son interpellation et sa mise sous mandat de dépôt.
Après plusieurs mois de détention préventive, Ibrahim Zigui avait été jugé puis condamné, en mai 2026, à cinq ans d’emprisonnement et à une amende de 20 millions de FCFA pour des faits d’« incitation à l’insurrection » et de « troubles à l’ordre public », selon la décision de justice.
La décision rendue ce lundi par la Cour d’appel ne met toutefois pas un terme à la procédure judiciaire. La liberté provisoire permet au bénéficiaire de recouvrer sa liberté en attendant la suite de la procédure ou une décision définitive de la justice.
Moïse Lida Kouassi et Ibrahim Zigui recouvrent ainsi leur liberté après d’autres détenus libérés proches du PPA-CI ou du PDCI-RDA qui défraient la chronique quant à la problématique de la liberté d’expression et de la répression politique en Côte d’Ivoire. Ces sonnent-elles le temps de la décrispation du climat politique dans le pays après les heures tendues de la présidentielle ? La suite le dira.
F.D.BONY








