Le Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI) a tenu à clarifier les raisons de son absence lors du dépôt, le 5 octobre, de la proposition commune de plusieurs formations de l’opposition sur le futur organe électoral.
Dans un communiqué publié ce mercredi 7 octobre, le parti de Laurent Gbagbo assure que son retrait de la démarche formelle ne signifie pas une remise en cause du travail engagé avec ses partenaires.
La séquence avait de quoi surprendre. Quelques jours plus tôt, le PPA-CI avait participé aux discussions ayant permis à plusieurs composantes de l’opposition d’harmoniser leurs propositions sur la future architecture électorale.
Le 5 octobre, pourtant, le parti n’était pas représenté lors de la remise du document au ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, Vagondo Diomandé.Dans son communiqué, signé par son président exécutif, Léon Emmanuel Monnet, le PPA-CI explique cette absence par une question de procédure interne.
Le parti affirme avoir élaboré sa propre proposition et l’avoir examinée avec trois autres composantes de l’opposition : la Coalition pour l’alternance pacifique en Côte d’Ivoire (CAP-CI), le Haut Conseil électoral (HCE) et l’Alliance démocratique de Côte d’Ivoire (ADCI).
Une validation interne pas encore achevée
Selon le PPA-CI, les différentes propositions ont ensuite été regroupées dans un document de synthèse remis au gouvernement le 5 octobre. Mais au moment du dépôt, le processus de validation de la position du parti n’était pas arrivé à son terme.
« N’ayant pas achevé le processus de validation par les instances compétentes et la Direction du Parti, le PPA-CI n’a pas signé ce document et n’a pas pris part à cette rencontre avec le représentant du gouvernement », précise le communiqué.
Le parti entend ainsi dissiper toute interprétation faisant de son absence un désaccord de fond avec la démarche engagée. Il affirme au contraire « se réjouir » de l’esprit de concertation qui a permis aux différentes composantes de parvenir à une proposition commune.
Cette précision intervient alors que le document remis au gouvernement lundi était présenté comme le résultat de plusieurs semaines de discussions entre différentes plateformes de l’opposition et organisations de la société civile.
La proposition commune a notamment été portée par le HCE, la CAP-CI et l’ADCI, tandis que les éléments issus des réflexions du PPA-CI avaient été intégrés au travail collectif.
Le PPA-CI veut élargir le périmètre des discussions
Au-delà de cette mise au point, le parti de Laurent Gbagbo annonce désormais vouloir élargir les consultations.
Le PPA-CI souhaite associer à la réflexion d’autres formations politiques et organisations de la société civile qui avaient pris part à différentes initiatives de l’opposition, notamment l’« appel de Bonoua », le mouvement « Trop c’est trop » et le « Front commun ».
L’objectif affiché est de parvenir à une discussion plus large sur les conditions de mise en place du futur organe électoral. Le parti estime que la réforme ne peut être réduite à la seule recherche d’une convergence entre quelques formations politiques.
Pour le PPA-CI, l’enjeu dépasse d’ailleurs la simple rédaction d’un document destiné au gouvernement. Le parti rappelle que les précédentes transformations de l’institution électorale en Côte d’Ivoire, de la Commission nationale électorale à la Commission électorale indépendante (CEI), avaient été précédées de discussions politiques.
Après la dissolution de la CEI, le parti estime donc que la création de la nouvelle institution doit s’inscrire dans une démarche « inclusive et responsable », en tenant compte de l’expérience des crises électorales ivoiriennes.
Un dialogue politique réclamé
Le PPA-CI appelle ainsi à une nouvelle étape : l’ouverture d’un dialogue politique réunissant les différentes forces concernées. Il souhaite que les propositions formulées séparément par l’opposition et par le gouvernement servent de base à une discussion destinée à arrêter l’architecture et le fonctionnement du futur organe électoral.
Cette position rejoint, sur le principe, l’appel déjà formulé par plusieurs composantes de l’opposition pour que les discussions se poursuivent avec les autorités. Lors du dépôt de leur proposition commune, les représentants de la CAP-CI, de l’ADCI et du HCE avaient également plaidé pour l’ouverture rapide d’un dialogue politique afin de parvenir à un accord suffisamment large.
La clarification du PPA-CI intervient donc alors que la réforme de la gouvernance électorale entre dans une nouvelle phase. Le gouvernement dispose désormais de plusieurs contributions émanant des forces politiques, tandis que les discussions entre formations de l’opposition restent susceptibles d’évoluer.
En choisissant de ne pas signer, à ce stade, le document déposé au ministère de l’Intérieur, le PPA-CI met surtout en avant la nécessité de mener à son terme son propre processus de validation et d’élargir encore la concertation. Reste désormais à savoir comment cette position s’articulera avec la proposition commune déjà transmise au gouvernement et avec le futur dialogue appelé de ses vœux par le parti.
Maxime KOUADIO








