L’affaire Justin Katinan Koné continue de susciter des réactions au sein de l’opposition ivoirienne. Dans un communiqué rendu public samedi 12 septembre, Ahoua Don Mello, ancien candidat à la présidentielle d’octobre 2025 et ex-cadre du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI), dénonce une procédure judiciaire qu’il juge préoccupante et appelle à la préservation des libertés démocratiques.
L’ancien cadre du PPA-CI dit avoir pris connaissance « avec une vive préoccupation » du communiqué du procureur de la République près le tribunal de première instance d’Abidjan concernant les poursuites engagées contre Justin Katinan Koné, quatrième vice-président du PPA-CI.
Pour Ahoua Don Mello, l’affaire serait née d’une prise de position politique de Katinan Koné sur les insuffisances de l’État dans la lutte contre l’orpaillage clandestin. Il estime que le responsable du PPA-CI se serait ensuite retrouvé au centre d’une procédure judiciaire dont l’ampleur aurait progressivement évolué.
L’ancien candidat à la présidentielle conteste notamment le passage d’une plainte en diffamation déposée par le RHDP, parti au pouvoir, à des accusations pénales liées à des faits présumés de violence remontant à la période électorale.
Selon lui, cette évolution serait révélatrice d’une volonté de contourner les garanties légales dont devrait bénéficier l’intéressé et de réduire au silence les voix critiques de l’opposition.« Un précédent particulièrement dangereux ».
Dans son communiqué, Ahoua Don Mello va plus loin et accuse le pouvoir d’instrumentaliser la justice à des fins politiques. Une pratique qui, selon lui, contribuerait à fragiliser les institutions, à restreindre le débat politique et à alimenter les tensions dans le pays.Il s’inquiète également du recours à la législation antiterroriste dans des procédures visant des acteurs politiques.
L’ancien cadre du PPA-CI estime que l’application de la loi n°2024-360 du 11 juin 2024 relative à la répression du terrorisme à des acteurs civils engagés dans des activités politiques constituerait « un précédent particulièrement dangereux » pour les libertés publiques.
Dans ce contexte, Ahoua Don Mello réclame la libération des dirigeants et militants politiques détenus et insiste sur le respect de la présomption d’innocence ainsi que des garanties liées à un procès équitable. Il appelle également le gouvernement à privilégier le dialogue politique pour régler les différends avec l’opposition.
« Le règlement des différends politiques doit s’effectuer dans le cadre d’un dialogue démocratique sincère et inclusif », soutient-il, estimant que la justice ne devrait pas devenir un instrument de règlement des contentieux politiques.
L’ancien candidat demande par ailleurs que les manifestations et activités politiques ne soient pas assimilées au champ du terrorisme. Il souhaite que les moyens de la Section antiterroriste soient prioritairement consacrés à la lutte contre les menaces terroristes qui touchent la Côte d’Ivoire et la sous-région.
Ahoua Don Mello appelle enfin les organisations internationales, les défenseurs des droits humains et les différentes composantes de la société ivoirienne à suivre avec attention l’évolution de la situation politique et judiciaire dans le pays.
Tout en réaffirmant sa solidarité envers Katinan Koné et les autres responsables politiques faisant l’objet de poursuites, il assure vouloir poursuivre son engagement en faveur de la démocratie, de la liberté d’expression et du respect de l’État de droit.
Maxime KOUADIO
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