Plus de cinq mois après la dissolution de la Commission électorale indépendante (CEI), l’exécutif ivoirien s’apprête à franchir une nouvelle étape dans la réorganisation du système électoral. Les propositions des partis politiques et de la société civile doivent être examinées avant la transmission d’un document de synthèse à l’Assemblée nationale.
Le chantier de la réforme électorale entre dans une phase de consolidation en Côte d’Ivoire. Après avoir recueilli les propositions des acteurs politiques et de la société civile sur le futur dispositif électoral, le gouvernement entend désormais rapprocher les différentes orientations afin de parvenir à un projet susceptible d’être soumis au Parlement.
Cette prochaine étape a été précisée par Amadou Coulibaly, porte-parole du gouvernement, lors du point de presse organisé le mercredi 14 octobre 2026, à l’issue du Conseil des ministres. Il a confirmé que les contributions transmises au ministère de l’Intérieur et de la Sécurité avaient toutes été réceptionnées et seraient examinées par les autorités.« Ces recommandations ont toutes été reçues ; elles seront analysées et des points de convergence seront dégagés parce que certainement il y en aura », a déclaré le ministre, laissant entrevoir une démarche fondée sur la recherche de positions communes.
Les propositions des acteurs politiques à l’examen
L’appel à contributions lancé par les autorités a donné lieu à plusieurs initiatives. Des partis d’opposition et des organisations de la société civile ont fait parvenir leurs propositions au ministère compétent. Selon les démarches adoptées, certaines formations (PDCI, FPI, ADCI, MGC) ont transmis leurs documents par écrit, tandis que d’autres ont choisi de les présenter directement aux responsables gouvernementaux.
L’enjeu consiste désormais à confronter ces contributions aux orientations déjà envisagées par l’exécutif. En juin dernier, le gouvernement avait esquissé un modèle reposant sur des structures distinctes. La nouvelle phase de travail devra permettre de déterminer dans quelle mesure cette architecture peut être rapprochée des propositions formulées par les autres parties prenantes.
Au-delà des aspects institutionnels, la réforme se déroule dans un contexte où la question de la confiance dans l’organisation des élections occupe une place importante dans le débat politique. La dissolution de la CEI a ouvert la voie à la définition d’un nouveau mécanisme de gestion des scrutins, dont les modalités restent attendues.
La confiance, au cœur des discussions
Lors de ses précédentes consultations avec les représentants de la classe politique, le Premier ministre, Robert Beugré Mambé, avait insisté sur la nécessité de « recréer la confiance ». Cette orientation constitue l’un des objectifs affichés par le gouvernement dans la conduite des échanges autour du futur dispositif électoral.
La recherche de convergences ne signifie toutefois pas que les différentes propositions seront nécessairement reprises dans leur intégralité. Les autorités devront procéder à des arbitrages pour élaborer un document final tenant compte des contributions reçues et de leurs propres analyses. C’est ce travail de synthèse qui doit précéder la transmission du projet à l’Assemblée nationale. « À cela vont s’ajouter les analyses du gouvernement et un document final sera transmis à l’Assemblée nationale », a précisé Amadou Coulibaly.
La représentation nationale sera ainsi appelée à examiner le texte et à se prononcer sur son adoption. D’ici là, les choix opérés par l’exécutif permettront de mesurer la place accordée aux différentes propositions dans la construction de la future architecture électorale ivoirienne.
Maxime KOUADIO








