Sept ans après le départ en exil de Guillaume Soro, son entourage relance la question de son retour en Côte d’Ivoire. Dans une publication diffusée lundi, Mamadou Traoré, conseiller politique de l’ancien président de l’Assemblée nationale, appelle Alassane Ouattara à favoriser le retour de l’ex-Premier ministre dans son pays.
Sous le titre « Il est temps pour Guillaume Soro de rentrer dans son pays », Mamadou Traoré plaide pour un geste d’apaisement du chef de l’État. Il estime que « le moment est venu » pour permettre à l’ancien allié d’Alassane Ouattara de retrouver la Côte d’Ivoire, après plusieurs années passées hors du pays.
Le précédent des proches graciés
Pour défendre cette demande, le conseiller de Guillaume Soro met notamment en avant la grâce présidentielle accordée à plusieurs militaires poursuivis dans des dossiers liés à l’ancien chef du gouvernement. Mamadou Traoré y voit un précédent susceptible, selon lui, d’ouvrir la voie à une mesure similaire en faveur de Guillaume Soro.
L’ancien président de l’Assemblée nationale reste toutefois sous le coup d’une condamnation à la prison à perpétuité prononcée en 2021, par contumace, dans une affaire portant notamment sur une tentative d’atteinte à la sûreté de l’État. Il avait également été condamné en 2020 à vingt ans de prison dans une affaire de recel de détournement de deniers publics et de blanchiment de capitaux.
« Tous les actes d’apaisement »
Dans son plaidoyer, Mamadou Traoré affirme que Guillaume Soro aurait multiplié les gestes en faveur d’une décrispation de ses relations avec le président ivoirien. Il rappelle notamment les excuses présentées par l’ancien Premier ministre en 2024 à Alassane Ouattara pour des propos tenus par le passé.
Le conseiller politique évoque également les démarches entreprises auprès de plusieurs chefs d’État africains, auxquels Guillaume Soro aurait demandé d’intervenir auprès du président ivoirien afin de favoriser une réconciliation.« Aujourd’hui, Guillaume Soro a posé tous les actes d’apaisement qu’un cadet doit à son aîné », soutient Mamadou Traoré, estimant que le retour de l’ancien chef du gouvernement ne devrait pas être conditionné à un ralliement au RHDP.
Le refus d’un retour sous condition politique
Pour le proche de Guillaume Soro, celui-ci ne saurait être contraint de renoncer à ses convictions politiques ou d’intégrer le parti présidentiel en contrepartie d’un retour en Côte d’Ivoire. « L’engagement doit rester libre », défend-il.
Cette prise de position intervient alors que Guillaume Soro demeure en exil depuis 2019 et fait toujours l’objet de procédures judiciaires en Côte d’Ivoire. Ancien Premier ministre puis président de l’Assemblée nationale sous Alassane Ouattara, il s’était progressivement éloigné du chef de l’État avant leur rupture politique.
En septembre 2026, l’ancien chef de la rébellion continue par ailleurs de prendre la parole publiquement sur son parcours politique et son rapport à l’histoire récente de la Côte d’Ivoire.
Pour Mamadou Traoré, une main tendue d’Alassane Ouattara permettrait ainsi de tourner une nouvelle page de cette longue crise politique. Il appelle le chef de l’État à privilégier la réconciliation et à permettre à Guillaume Soro de « retrouver sa patrie », au nom d’une Côte d’Ivoire réconciliée avec l’ensemble de ses fils.
Maxime KOUADIO








