Face à la pression croissante sur les terres agricoles et à la dégradation des écosystèmes, des acteurs ivoiriens veulent désormais passer à l’action.
Réunis le samedi 12 septembre à Jacqueville, ils ont porté sur les fonts baptismaux le Réseau pour la promotion de l’agriculture et de l’environnement en Côte d’Ivoire (REPA-CI), avec Carlos Jésus Dogba à sa tête.La création du réseau est intervenue à l’issue d’une assemblée générale extraordinaire constitutive et élective.
À cette occasion, les membres fondateurs ont choisi Carlos Jésus Dogba pour conduire les destinées de cette nouvelle organisation, pour trois mandats.Le REPA-CI entend faire de la promotion de l’agriculture et de la préservation de l’environnement ses principaux chevaux de bataille.
L’organisation souhaite notamment sensibiliser les détenteurs de terres sur l’intérêt économique de l’activité agricole et encourager le recours à des techniques de production améliorées.
Autre priorité affichée : rapprocher les acteurs du monde agricole et les promoteurs immobiliers afin que les opérations de lotissement tiennent davantage compte des activités agricoles et de la préservation des espaces cultivables.

La restauration des écosystèmes et de la biodiversité figure également parmi les objectifs du nouveau réseau. Une ambition qui intervient dans un contexte marqué par une forte pression démographique, l’extension des zones urbaines et la multiplication des activités humaines sur les terres.« Il y a une urgence ».
Pour Carlos Dogba, l’heure n’est plus à l’attentisme. Le nouveau président du REPA-CI estime que la Côte d’Ivoire est confrontée à une dégradation progressive de son patrimoine foncier et environnemental.
« La Côte d’Ivoire, sans s’en rendre compte, court vers la désertification. Aujourd’hui, en observant toutes les pressions que subit la terre, il y a une urgence. C’est pourquoi mon équipe et moi comptons nous mettre au travail pour sauver l’existant », a-t-il déclaré.
Dans la foulée, il a lancé un appel à une mobilisation collective contre les lotissements anarchiques et en faveur d’un investissement plus important dans le secteur agricole.« Je lance un appel urgent à tous. Chacun doit agir pour freiner les lotissements anarchiques et investir davantage dans l’agriculture. Car l’agriculture est l’âme de l’Afrique. La détruire, c’est effacer nos traces dans un monde en pleine mutation », a-t-il ajouté.
Basé à Jacqueville, le REPA-CI se veut ouvert à tous, sans distinction sociale. Ses responsables ambitionnent de fédérer autour de la défense des terres agricoles, de la promotion d’une agriculture durable et de la protection de l’environnement.
Pour ses initiateurs, les enjeux sont d’autant plus importants que la pression exercée sur les sols se conjugue désormais avec les effets du changement climatique. Sans mesures adaptées, préviennent-ils, cette situation pourrait accentuer les risques d’insécurité alimentaire et fragiliser davantage les capacités agricoles du pays.
Maxime KOUADIO








