La lutte contre l’orpaillage illégal dans le nord de la Côte d’Ivoire doit gagner en efficacité. En déplacement à Korhogo, le mercredi 28 octobre, le ministre des Eaux et Forêts, Jacques Assahoré Konan, a appelé les autorités administratives et les services compétents à renforcer la coordination des opérations, à mieux cibler les sites clandestins et à sanctionner les éventuelles complicités.
Face au Comité régional et aux comités départementaux de lutte contre l’orpaillage illégal du Poro, ainsi qu’aux agents de la Direction régionale des Eaux et Forêts et de la Société de développement des forêts (SODEFOR), le ministre a dressé les priorités d’une action qu’il souhaite plus ferme et davantage orientée vers des résultats durables.
Cette rencontre, organisée à la préfecture de Korhogo, intervient dans le cadre des orientations du président Alassane Ouattara, qui a accordé un délai de six mois aux préfets pour intensifier la lutte contre ce phénomène.
Jacques Assahoré Konan a insisté sur la nécessité de traduire les engagements administratifs en résultats concrets et mesurables sur le terrain.
Six mois pour intensifier les opérations
Pour le ministre, les autorités préfectorales occupent une place centrale dans ce dispositif. Elles doivent assurer la conduite et la coordination des interventions, tout en veillant à ce que les efforts engagés produisent des effets tangibles.
Mais l’action de l’administration ne saurait suffire à elle seule. Jacques Assahoré Konan a également plaidé pour une mobilisation accrue des collectivités territoriales et des populations locales. La sensibilisation des communautés doit, selon lui, contribuer à faire de la préservation des ressources naturelles une responsabilité partagée.
Le ministre a par ailleurs salué les initiatives du préfet de région du Poro, tout en soulignant l’importance d’une collaboration renforcée entre les services des Mines, des Eaux et Forêts, de l’Environnement et les Forces de défense et de sécurité. La complémentarité de ces différents acteurs est présentée comme un levier essentiel pour améliorer l’efficacité des opérations.
Empêcher le retour des exploitants clandestins
Au-delà des interventions ponctuelles, le gouvernement entend s’attaquer à la réoccupation des sites après leur démantèlement. Jacques Assahoré Konan a ainsi préconisé une approche plus stratégique, reposant notamment sur l’établissement d’une cartographie actualisée des zones touchées.
Cet outil doit permettre de hiérarchiser les priorités, de mieux répartir les moyens disponibles et d’adapter les opérations aux réalités du terrain. Le ministre a également recommandé de revoir les horaires et les modalités d’intervention en fonction des pratiques des exploitants clandestins.
L’objectif affiché est de parvenir à une neutralisation durable des sites d’orpaillage illégal, plutôt que de se limiter à des opérations dont les effets pourraient rester temporaires.
Les complicités dans le viseur
Autre axe de cette stratégie : la lutte contre les complicités susceptibles de favoriser la persistance de l’exploitation clandestine. Le ministre a demandé aux préfets de prendre leurs responsabilités face aux personnes impliquées et de signaler systématiquement les cas identifiés, afin que les mesures appropriées soient prises conformément aux textes en vigueur.
Jacques Assahoré Konan a rappelé les conséquences de l’orpaillage illégal sur les écosystèmes et les populations. La destruction du couvert forestier, la dégradation des terres, les menaces sur les ressources en eau et les risques sanitaires figurent parmi les préoccupations soulevées.
S’adressant particulièrement aux agents des Eaux et Forêts, il les a exhortés à faire preuve de vigilance, de détermination et de professionnalisme dans l’exercice de leurs missions. Il leur a demandé de maintenir la pression sur les exploitants clandestins, malgré les progrès déjà enregistrés.
La sécurisation des forêts classées et leur libération durable de l’emprise de l’orpaillage illégal restent ainsi au cœur des priorités du ministère. Dans le Poro, l’enjeu est désormais de transformer la mobilisation administrative et sécuritaire en résultats pérennes sur le terrain.








