L’ambulance offerte par le conseil régional du Bounkani est hors service depuis plus d’un an ; le centre de santé local souffre aussi de carences structurelles qui compromettent la prise en charge des urgences.
À GôGô, chef-lieu de sous-préfecture dans le département de Téhini (Bounkani), la panne prolongée de l’unique véhicule destiné aux évacuations sanitaires laisse les habitants contraints de recourir à des moyens improvisés pour conduire les malades vers Doropo, Téhini ou Bouna. Le centre de santé local, confronté à un manque de clôture et à l’absence de logements pour le personnel, voit sa capacité d’intervention réduite.

L’ambulance, mise à disposition il y a quelques années grâce à un appui du conseil régional du Bounkani, est hors d’usage depuis plus de douze mois, selon les habitants. Sans transport sanitaire opérationnel, les patients nécessitant des soins complémentaires font face à des délais et à des risques accrus lors des évacuations. Les autorités locales et la population expriment une inquiétude croissante pour la sécurité sanitaire de la commune.
Les témoignages recueillis auprès des habitants décrivent une situation de « sauve-qui-peut » lorsque surviennent des urgences médicales. « Cet engin qui servait autrefois d’ambulance est en panne depuis plus d’un an, laissant ainsi les populations dans un état de sauve-qui-peut », rapporte Ouattara Alassane, résident de Téhini. D’après plusieurs sources locales, les transferts vers les structures mieux équipées de Doropo, Téhini ou Bouna se font désormais au compte-gouttes, souvent par des véhicules non adaptés, ce qui augmente le risque de complications pour des cas graves comme les urgences obstétricales ou les traumatismes.

Le centre de santé de GôGô présente par ailleurs des insuffisances structurelles qui nuisent à son fonctionnement. L’absence de clôture favorise les intrusions d’animaux sur le site et pose des problèmes d’hygiène et de sécurité ; le manque de logements pour le personnel complique la disponibilité et la permanence des soignants ; enfin, des besoins en équipements subsistent pour renforcer la prise en charge locale.
Les habitants reconnaissent néanmoins le rôle du conseil régional du Bounkani dans le développement récent de la zone. « Nous disons déjà grand merci pour les efforts consentis pour le développement à travers les constructions d’infrastructures de base », affirme Ouattara Alassane, citant la construction d’écoles, l’adduction en eau potable et des dons de matériel roulant réalisés sous la présidence de Hien Philippe. Cependant, ces apports ponctuels ne semblent pas avoir été accompagnés d’un suivi technique suffisant pour assurer la maintenance continue de l’ambulance et la pérennité des services.

Face à cette situation, la population lance un appel aux cadres départementaux, aux ressortissants du Bounkani et aux acteurs publics et privés pour une intervention rapide afin de réparer ou de remplacer le véhicule d’évacuation et d’améliorer les conditions d’accueil du centre de santé.
« Nous demandons pardon aux personnes de bonne volonté, aux cadres et aux autorités locales de nous aider. Nous souffrons ; la situation des femmes enceintes et des enfants devient de plus en plus difficile », plaide Aïssata Hien.
Selon les interlocuteurs locaux, la restauration de ce service d’ambulance, la clôture de l’enceinte et la construction de logements pour le personnel sont des priorités immédiates pour réduire les risques sanitaires et garantir une réponse adéquate aux urgences.
La panne prolongée de l’ambulance de GôGô et les carences du centre de santé révèlent la fragilité des dispositifs sanitaires ruraux lorsque les équipements ne bénéficient pas d’un entretien soutenu. À défaut d’une intervention rapide et coordonnée, ce sont des vies qui resteront exposées.
François M’BRA II, correspondant régional








