Situé à 15 km de la ville de Zouan-Hounien, le chef-lieu de département, le village de Floleu est secoué depuis plusieurs mois par une crise de chefferie. Les populations se regardent en chien de faïence et ne sont pas loin de s’affronter. Ce conflit entre les différents camps a surgi depuis le 10 janvier 2026, date à laquelle selon les informations à notre possession, une large majorité des familles fondatrices du village ne se conforme plus aux us et coutumes établies.
En effet, la localité de Floleu qui constitue l’un des huit villages riverains de la mine d’or d’Ity, compte six grandes familles fondatrices. Sur consensus, apprend-on, cinq d’entre elles avaient porté leur choix sur Georges GBEIN Kokagui pour présider aux destinées du village. Ces familles estiment que ce choix reflète la volonté collective et respectait les traditions.
Pas désaccord avec cette volonté de la majorité, aux dires des témoins, l’unique famille mise en minorité décide de porter plainte chez le président de la Chambre régional des chefs traditionnels du Tonkpi. Une convocation est donc adressée aux deux parties. A l’issue des pourparlers, la décision de la Chambre, redue le 14 juillet dernier, surprend la population qui s’en indigne. Selon les informations, le premier responsable des chefs Traditionnels du Tonkpi a tranché en faveur au choix de la seule famille qui est GUEU Tonan Félix. L’argument avancé, à en croire nos sources, est que le sieur Gueu Tonan Felix serait plus âgé que celui que les cinq autres familles avaient initialement proposé.
Pour les partisans de Georges Kokagui, la décision de l’autorité coutumière est une injustice, car ce dernier remplit les critères pour être désigné chef du village. Ils dénoncent la manière de procéder du président de la Chambre régionale et décident de saisir les autorités administratives. Ce, afin d’éviter toute tension susceptible d’envenimer la situation. Même le président national de la chambre des rois et chefs traditionnels est saisi. Les cinq familles déboutées estiment que la décision rendue n’a pas de base légale et reflète davantage une volonté personnelle du président régional des chefs traditionnels du Tonkpi.
Pour elles, c’est une injustice flagrante de la part du collaborateur de Nanan Désiré Tanoe de vouloir imposer un chef contesté. Ce qui reviendrait à à fragiliser l’équilibre communautaire et à bafouer la mémoire des ancêtres. Au moment où nous mettions sous presse, selon nos sources, la tension est encore palpable dans le village de Floleu. Les familles mécontentes dénoncent une »confiscation » de leur droit coutumier et craignent que cette décision ne sèment des gènes durables de division. Elles appellent l’État à intervenir rapidement pour rétablir la transparence et la justice.
Une affaire à suivre…
Moïse TOHOUA








