La Côte d’Ivoire reste confrontée à une épidémie de VIH qui continue de mobiliser les acteurs de la santé publique. Pour mieux faire connaître les réalités de cette maladie et les stratégies mises en place pour freiner sa progression de cette pathologie, des journalistes ont été conviés, vendredi 4 septembre 2026, à une session de formation à Cocody-Angré, à Abidjan.
L’initiative était portée par le Réseau des professionnels des médias, des arts et des sports engagés dans la lutte contre le Sida et la promotion de la santé (REPMASCI), en collaboration avec le Programme national de lutte contre le Sida (PNLS) et le Fonds national de lutte contre le Sida (FNLS).
Au centre des échanges : le dépistage différencié, une approche présentée comme l’un des nouveaux leviers de la riposte nationale. L’objectif de cette stratégie est de sortir d’une logique uniforme en adaptant les modalités de dépistage aux caractéristiques, aux besoins et aux contraintes des différents groupes de population.
La présentation du Dr Kouamé Blaise, chef du service dépistage au PNLS, a permis de dresser un état des lieux de l’épidémie à partir des données disponibles pour 2024.Au total, 406 961 personnes vivent avec le VIH en Côte d’Ivoire. Une population majoritairement féminine : les femmes représentent 65 % des personnes concernées, soit 265 409 cas. Les hommes comptent pour 31 %, avec 124 519 personnes, tandis que les enfants âgés de 0 à 14 ans représentent 4 %, soit 17 033 cas.
La capitale économique concentre une part importante de cette population. Abidjan représente à elle seule 36 % des cas recensés au niveau national, avec 148 153 personnes vivant avec le VIH.Ces chiffres témoignent du poids que continue de représenter l’infection à VIH dans le paysage sanitaire ivoirien, malgré les progrès enregistrés ces dernières années dans la prévention et la prise en charge.
Les données présentées lors de la formation font également état de 8 209 nouvelles infections au VIH enregistrées en 2024. Sur la même période, 8 366 décès liés au VIH ont été recensés. Ces indicateurs illustrent la nécessité de maintenir les efforts en matière de prévention et surtout de dépistage. Car pour les responsables du PNLS, l’identification précoce de l’infection constitue une étape déterminante pour permettre aux personnes concernées d’accéder rapidement à une prise en charge.
Dans ce contexte, le dépistage différencié apparaît comme une réponse aux limites des approches classiques. Il consiste à proposer des modalités de dépistage davantage adaptées aux profils des populations ciblées, à leurs habitudes et aux obstacles qu’elles peuvent rencontrer dans l’accès aux structures sanitaires.
En plaçant les journalistes au cœur de cette session, le REPMASCI et ses partenaires entendent également renforcer la qualité des messages diffusés auprès du public.L’enjeu est de permettre aux professionnels des médias de mieux comprendre les données épidémiologiques, mais aussi les nouvelles méthodes de dépistage afin de contribuer à une sensibilisation plus précise et plus accessible. Car si le nombre de personnes vivant avec le VIH demeure élevé, un indicateur vient nuancer ce constat : la mortalité liée au VIH a diminué de 75 %.
Une évolution qui traduit les avancées réalisées dans la prise en charge, tout en rappelant que la prévention, le dépistage précoce et l’accès aux soins restent essentiels pour poursuivre la baisse des décès et des nouvelles infections.
À travers le dépistage différencié, les autorités sanitaires veulent ainsi rapprocher davantage les services des populations et rendre la lutte contre le VIH plus ciblée. Une stratégie qui place l’information et la mobilisation sociale au même rang que les réponses médicales.
Maxime KOUADIO








