Le député-maire de Yopougon, Adama Bictogo, président du Comité d’organisation de la Fête de l’Indépendance, a reçu mardi 28 juillet une visite peu commune : celle de Charles Blé Goudé, président du COJEP, venu apporter son soutien personnel aux préparatifs de la célébration du 66ème anniversaire, dans un geste que les deux hommes ont eux-mêmes qualifié d’exceptionnel.
L’audience revêt une portée particulière dans le paysage politique ivoirien : les deux hommes, aujourd’hui inscrits dans des trajectoires politiques distinctes, se connaissent depuis près de trente ans. Leur rencontre publique, dans un cadre de collaboration institutionnelle plutôt que de confrontation, marque une séquence rare dans la vie politique de la commune.
Prenant la parole devant le Comité d’organisation, Charles Blé Goudé a justifié sa démarche par la sincérité de son engagement. « Moi, je ne sais pas faire semblant. C’est pourquoi je suis venu », a-t-il déclaré, avant de saluer la méthode de mobilisation déployée par le maire : « J’ai vu le président du comité d’organisation tourner. Il a déployé la vision du pays. » Il a précisé le sens de sa présence, se plaçant en soutien direct et permanent : « Je suis venu prendre ma place, je suis venu lui dire tout mon soutien. Je suis venu lui dire que, s’il y a des missions, qu’il n’hésite pas. Nous sommes vraiment à ses côtés. »
Blé Goudé a également inscrit sa démarche dans un enjeu d’image internationale, évoquant la confiance des investisseurs étrangers. « L’ennemi extérieur ici, c’est les regards : c’est quoi la Côte d’Ivoire ? […] Personne n’aime mettre son argent là où il y a des guerres », a-t-il affirmé, avant de conclure son intervention par un hommage appuyé au geste d’ouverture du maire : « Ce moment est très important et unique. Je veux saluer monsieur le député-maire […] et dire merci pour cet esprit d’ouverture, ce courage. »
En réponse, Adama Bictogo a réservé un accueil chaleureux à son hôte, évoquant une relation ancienne au-delà des clivages partisans. « Ce n’est pas faux de dire que Charles, c’est mon jeune frère », a-t-il affirmé, rappelant près de trente ans de relation. Il a présenté leur rivalité politique comme une saine émulation : « La compétition, elle est normale. […] C’est ce qu’on appelle la compétition positive. » Il a par ailleurs relevé que cette démarche faisait écho à une précédente visite de courtoisie du Comité auprès de l’exécutif du RHDP : « L’agenda a changé à dernière minute, je n’ai pas pu voir [le Gouverneur] Bacongo, mais le même comité l’a rencontré. […] Ta démarche était une démarche fraternelle, républicaine, spontanée. »
Le maire a salué le caractère spontané de la visite, intervenue selon lui sans calcul, et l’a présentée comme un signal de sincérité adressé au peuple ivoirien. « Cet engagement […] vient nous conforter, montrant ainsi au peuple ivoirien que la participation au projet n’est pas une participation factice », a-t-il déclaré, avant d’ajouter, sur l’esprit de la rencontre : « On est une vraie famille. »
Adama Bictogo a par ailleurs relié cette visite à l’argumentaire déjà développé lors des précédentes rencontres du Comité, rappelant que Yopougon demeure « la seule commune de Côte d’Ivoire qui regroupe toutes les régions de Côte d’Ivoire », et qu’aucune pression n’avait été exercée sur le président de la République pour ce choix : « En réalité, le président a vraiment décidé tout seul que ce soit Yopougon. » Sur le fond, il a défendu un argumentaire économique en faveur de cette célébration transpartisane : « La force du développement économique doit reposer sur une cohésion sociale forte », avant d’insister sur la portée internationale de l’événement : « On va donner un signal fort au monde entier. »
La rencontre s’est achevée sur un ton résolument familial, le maire assurant que ces retrouvailles entre personnalités politiques que tout semblait opposer illustraient l’esprit recherché pour la célébration à venir. « C’est une visite qui nous touche énormément », a-t-il conclu, scellant ainsi une nouvelle étape dans la série de gestes d’unité transpartisane engagés par le Comité d’organisation à l’approche du 7 août.
Source : SerCom








