Le secteur de la microfinance amorce une nouvelle étape de son évolution dans l’espace Umoa. À Abidjan, les acteurs du secteur sont réunis, du 13 au 15 octobre 2026, autour d’une session de formation dédiée à la nouvelle loi portant réglementation de la microfinance. L’initiative est portée par l’Association professionnelle des systèmes financiers décentralisés de Côte d’Ivoire (Apsfd-ci), avec le soutien de la coopération allemande (Giz), dans le cadre du projet ProREI.
À l’ouverture des travaux, le mardi 13 octobre, le directeur exécutif de l’Apsfd-ci, Cyrille Tanoé, a salué la mobilisation des institutions participantes ainsi que l’accompagnement de la Giz. Cette première session s’adresse aux acteurs opérationnels des institutions de microfinance. Une seconde rencontre est prévue à l’intention des administrateurs et des directeurs généraux.
Pour Cyrille Tanoé, la microfinance occupe désormais une place stratégique dans le développement de l’inclusion financière et le financement des petites et moyennes entreprises (Pme) dans la sous-région. Dans ce contexte, la maîtrise du nouveau cadre réglementaire apparaît comme un enjeu majeur pour les institutions concernées.
Adoptée en décembre 2023 par le Conseil des ministres de l’Umoa, la nouvelle réglementation introduit des évolutions importantes en matière de gouvernance, de supervision et de protection de la clientèle. Elle prévoit également de nouvelles perspectives d’activités pour les institutions de microfinance, notamment dans les domaines du crédit-bail, de l’affacturage, de la finance islamique et de la monnaie électronique.
Au-delà de la présentation des dispositions légales, l’objectif de cette formation est de permettre aux professionnels de mieux appréhender les changements introduits par le texte et leurs conséquences sur la gestion quotidienne de leurs structures. Pour l’Apsfd-ci, il s’agit de favoriser une application effective de la réglementation, tout en préparant les institutions aux exigences qui en découlent.
Les échanges portent ainsi sur les principales innovations du dispositif, leurs implications opérationnelles et les modalités de leur mise en œuvre. Pour animer les travaux, deux spécialistes du secteur ont été mobilisés : Me Sossouvi Magloire, ancien directeur juridique de la Commission bancaire de l’Umoa, et Maman Ibrahim, expert-comptable et ancien cadre de cette institution.
Cette initiative intervient dans un contexte de croissance soutenue de la microfinance en Côte d’Ivoire. À fin décembre 2025, le pays comptait 45 systèmes financiers décentralisés (Sfd) agréés, totalisant 2,57 millions de clients. Le volume des dépôts s’élevait à 682,1 milliards de Fcfa, tandis que l’encours des crédits atteignait 722,5 milliards de Fcfa.
Ces chiffres illustrent le poids croissant des institutions de microfinance dans le financement de l’économie et l’accès des populations aux services financiers. Ils soulignent également l’importance d’un cadre réglementaire adapté aux mutations du secteur et aux besoins des clients.
À travers cette formation, l’Apsfd-ci entend donc accompagner les institutions dans leur mise en conformité, renforcer leurs capacités et contribuer à leur résilience. Une démarche qui prend tout son sens à l’heure où la digitalisation transforme progressivement les services financiers et redéfinit les exigences de performance, de sécurité et de protection de la clientèle.
Philomène AQUOUAMAH








