D’un magasin cambriolé au quartier Gagou, à Daoukro, jusqu’au très fréquenté Black-Market d’Adjamé, à Abidjan, les investigations policières ont permis de remonter la filière présumée d’écoulement des objets volés. Une opération qui illustre la détermination des éléments du commissariat de police de Daoukro à aller au bout de leurs investigations.
À Daoukro, les commerces étaient devenus le terrain de prédilection d’un présumé cambrioleur dont le mode opératoire, particulièrement audacieux, consistait à s’introduire dans les établissements par les toitures, plutôt que par les accès habituels. Magasins, maquis et autres commerces figuraient parmi ses cibles privilégiées. Selon les informations recueillies au cours de l’enquête, l’individu procédait avec méthode. En journée, il effectuait des repérages afin d’identifier les établissements susceptibles d’être cambriolés. À la faveur de la nuit, le visage dissimulé sous une cagoule et muni d’un couteau de cuisine, il découpait les toitures pour pénétrer dans les locaux. Lorsqu’il repérait des caméras de surveillance, il prenait soin de les neutraliser afin de réduire les risques d’identification. Cependant, cette stratégie allait connaître un coup d’arrêt le 5 octobre 2026, aux environs de 6 heures du matin.
Dans le cadre de l’opération « Épervier Spécial », conduite sous la supervision du commissaire, chef de service du commissariat de police de Daoukro, les éléments de cette unité ont surpris K.J.E. en flagrant délit de vol avec effraction dans un magasin situé au quartier Gagou. Interpellé puis soumis à un interrogatoire, le suspect aurait reconnu, selon les services de police, agir seul. Il aurait également déclaré s’être spécialisé dans le vol de téléviseurs, de bijoux et d’argent liquide. Mais au-delà de cette première interpellation, les déclarations du mis en cause allaient ouvrir une nouvelle piste et donner une dimension supplémentaire aux investigations.
Pour écouler le produit de ses présumés forfaits, K.J.E. aurait désigné un individu connu sous le pseudonyme de « Blackis », qui exercerait ses activités au Black-Market d’Adjamé, à Abidjan. Déterminés à remonter toute la chaîne présumée de recel, les enquêteurs du commissariat de police de Daoukro ont alors entrepris d’exploiter cette information. Avec l’accord du procureur de la République et le concours des éléments du commissariat du 3ᵉ arrondissement d’Adjamé, une opération a été minutieusement préparée. Un rendez-vous a ainsi été organisé aux abords de la gare routière CTE. L’objectif était de permettre au présumé receleur de se présenter pour récupérer des objets présentés comme provenant des vols commis à Daoukro. Le dispositif mis en place a porté ses fruits. L’homme s’est présenté au rendez-vous avant d’être interpellé sans incident. Il s’agit de K.B., âgé de 44 ans et domicilié à Yopougon Ananeraie. Au cours de son audition, il aurait reconnu, selon les enquêteurs, avoir réceptionné à plusieurs reprises des objets issus des vols attribués à K.J.E.
Conduit à Daoukro, il a été placé en garde à vue pour les besoins de la procédure. Partie d’un cambriolage commis dans un magasin du quartier Gagou, cette affaire a ainsi conduit les enquêteurs jusqu’au Black-Market d’Adjamé, mettant en lumière l’importance de l’exploitation des renseignements recueillis lors des interpellations. Les investigations ont été engagées afin de retrouver les objets dérobés, d’identifier d’éventuels complices et de déterminer l’étendue exacte des faits reprochés aux deux mis en cause. À l’issue de la procédure policière, K.J.E. et K.B. ont été déférés devant le procureur de la République.
Cette opération, menée sous l’impulsion du chef de service du commissariat de police de Daoukro, témoigne de la volonté des forces de police de ne pas limiter leurs actions à l’interpellation des auteurs présumés, mais également de remonter les circuits par lesquels les biens dérobés sont susceptibles d’être écoulés.
Une intervention à saluer, tant pour la coordination entre les services de police de Daoukro et d’Adjamé que pour la conduite des investigations jusqu’à la présumée filière de recel.
Philomène AQUOUAMAH








