La disparition du colonel-major Fofié Kouakou, ancien commandant des Forces nouvelles, continue de susciter des réactions au sein de ceux qui l’ont côtoyé durant les années de crise en Côte d’Ivoire. Parmi eux, Mamadou Traoré, conseiller politique de Guillaume Soro, qui a rendu hommage à l’ancien chef militaire dans une publication sur Facebook, dimanche 9 août 2026. Pour Mamadou Traoré, Fofié Kouakou n’était pas seulement un compagnon des « temps de braise ». Il était, dit-il, « un frère » avec lequel il avait noué des relations fondées sur la confiance et la fraternité.
Dans son témoignage, le conseiller politique de Guillaume Soro revient notamment sur un épisode datant de 2003. À cette époque, il affirme avoir plaidé auprès d’Ibrahim Coulibaly, dit « IB », alors installé à Ouagadougou, en faveur d’un soldat détenu dans le camp placé sous l’autorité de Fofié Kouakou pour désertion.
Selon son récit, l’intervention avait finalement abouti à la libération du militaire. « C’est de mon propre téléphone qu’IB avait appelé le colonel pour lui ordonner sa libération », raconte Mamadou Traoré. Fofié Kouakou, poursuit-il, aurait alors exécuté la décision sans hésitation, un geste que son ancien compagnon interprète comme une manifestation de sa « justice » et de sa « clémence ».
Un autre souvenir remonte à 2005. Cette année-là, Mamadou Traoré avait été investi responsable du cabinet civil des Forces nouvelles à Boundiali. Il explique s’être naturellement tourné vers Fofié Kouakou, qu’il avait sollicité pour être son parrain.
Le colonel-major avait accepté cette responsabilité, mais, ne pouvant effectuer le déplacement, s’était fait représenter par son adjoint. La cérémonie avait réuni plusieurs figures de l’époque, parmi lesquelles Alphonse Soro, Kanigui Soro, Cissé Sindou et Yeo Lassina.
Pour Mamadou Traoré, cette séquence appartient désormais à une histoire révolue, mais dont les liens humains restent vivaces. « Nous partagions un idéal et une fraternité que le temps ne saura effacer », écrit-il. Au-delà du chef militaire, le conseiller politique de Guillaume Soro estime que la Côte d’Ivoire perd également un homme qui a laissé son empreinte sur Korhogo durant une période particulièrement tourmentée de l’histoire du pays.
M.K








