L’ancien président de l’Assemblée nationale Guillaume Soro a vivement réagi au placement sous mandat de dépôt de Justin Koné Katinan.
Dans un communiqué publié ce lundi 14 septembre, le président de Générations et Peuples Solidaires dénonce une procédure qu’il qualifie de règlement de comptes politique et réclame la libération de l’ancien ministre.
Selon Guillaume Soro, l’affaire, qui portait initialement sur une plainte en diffamation, s’est transformée après l’audition de Katinan en un dossier comprenant 17 chefs d’inculpation. Il cite notamment des accusations de terrorisme, d’attentat contre l’autorité de l’État, de complot et de participation à un mouvement insurrectionnel, des infractions passibles, selon lui, de la réclusion à perpétuité.
Pour l’ancien chef du Parlement, cette évolution ne relève pas d’une procédure judiciaire ordinaire. Il dénonce ce qu’il considère comme un « règlement de comptes politique habillé en procédure pénale » et refuse de qualifier de « justice » ce qu’il présente comme une justice placée au service du pouvoir.
Guillaume Soro estime que les poursuites engagées contre Koné Katinan trouvent leur origine dans les prises de position de ce dernier sur l’orpaillage illégal et les complicités qu’il soupçonne au sommet de l’État.
Il accuse ainsi le pouvoir d’Abidjan d’utiliser l’arsenal antiterroriste contre un responsable politique dont l’action, selon lui, s’est limitée à dénoncer publiquement des faits. Soro met notamment en cause la loi du 11 juin 2024 relative à la répression du terrorisme, qu’il présente comme un instrument désormais utilisé contre les opposants.
L’ancien président de l’Assemblée nationale inscrit par ailleurs cette affaire dans le prolongement des tensions politiques ayant suivi l’élection présidentielle d’octobre 2025. Il évoque plus d’un millier d’arrestations et plusieurs dizaines de morts au lendemain du scrutin, estimant que l’affaire Koné Katinan constitue un nouvel épisode de la répression politique en Côte d’Ivoire.Guillaume Soro affirme sa « solidarité pleine et entière » avec Justin Koné Katinan, sa famille et le PPA-CI.
Il appelle également les autres formations de l’opposition à ne pas considérer cette affaire comme un dossier exclusivement lié au parti de Laurent Gbagbo.
Selon lui, les poursuites visant aujourd’hui un responsable du PPA-CI pourraient demain concerner d’autres composantes de l’opposition ivoirienne. Il met ainsi en garde contre ce qu’il qualifie de « terreur judiciaire ».Soro réclame la libération « immédiate et sans condition » de Justin Koné Katinan ainsi que l’abandon des charges liées au terrorisme. Il demande également la fin de ce qu’il décrit comme une instrumentalisation de la justice ivoirienne à des fins politiques.
Dans son communiqué, l’ancien chef de la rébellion alerte enfin l’opinion publique ivoirienne et la communauté internationale sur ce qu’il considère comme une dérive autoritaire du régime d’Alassane Ouattara. Pour Guillaume Soro, le pouvoir d’Abidjan aurait désormais choisi la répression judiciaire au détriment du dialogue politique.
Maxime KOUADIO








