Dans un hommage publié vendredi, Mamadou Traoré, conseiller politique de Guillaume Soro, a rappelé le rôle de l’ancien ministre de la Justice au sein des Forces nouvelles et son implication dans les réflexions sur l’avenir du mouvement après la crise post-électorale de 2010-2011.
La disparition de Mamadou Gnénema Coulibaly ravive les souvenirs d’une période charnière de l’histoire politique ivoirienne. Dans une publication diffusée vendredi, Mamadou Traoré, conseiller politique de Guillaume Soro, a rendu hommage à l’ancien ministre de la Justice, décédé quelques heures après l’ancien ministre Dakoury Tabley.
En l’espace de 48 heures, l’ancien chef des Forces nouvelles perd ainsi, selon son conseiller, deux figures qui l’ont accompagné à l’époque où il dirigeait ce mouvement politico-militaire. Une double disparition que Mamadou Traoré présente comme une épreuve particulièrement douloureuse pour Guillaume Soro.
Au-delà de l’hommage à l’homme, le conseiller politique a tenu à rappeler la place qu’occupait Gnénema Coulibaly dans l’organisation des Forces nouvelles. Celui-ci était secrétaire national chargé de la justice et des droits de l’homme au sein de leur directoire politique.
2011, à Bouaké, un choix décisif pour les Forces nouvelles
Pour évoquer le parcours de l’ancien ministre, Mamadou Traoré est revenu sur une séquence de 2011, à Bouaké, au lendemain de la crise post-électorale. Il se souvient avoir participé à une commission de réflexion dirigée par Gnénema Coulibaly et chargée d’examiner l’avenir des Forces nouvelles.
La mission avait été confiée par Guillaume Soro, alors secrétaire général du mouvement. Deux orientations s’opposaient : transformer les Forces nouvelles en une formation politique intégrée au Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), ou procéder à leur dissolution afin que leurs cadres rejoignent le Rassemblement des républicains (RDR).
Mamadou Traoré affirme que les militants engagés au RDR avaient privilégié la seconde option. Le choix de la dissolution et de l’intégration des cadres au parti avait alors recueilli leur adhésion, tandis que l’autre proposition était restée minoritaire.
Ce débat, organisé dans un contexte de recomposition politique après la crise ivoirienne, constitue l’un des souvenirs marquants que le conseiller de Guillaume Soro associe à Gnénema Coulibaly.
Un ancien ministre retiré de la vie publique
Après son passage au gouvernement, l’ancien ministre de la Justice aurait progressivement opté pour la discrétion, selon le témoignage de Mamadou Traoré. Son décès a ainsi suscité un hommage empreint de nostalgie, notamment chez ceux qui l’ont côtoyé au sein des Forces nouvelles.
En adressant ses condoléances à la famille du défunt, le conseiller politique a également exprimé son soutien à Guillaume Soro, confronté à la disparition rapprochée de deux anciens collaborateurs.« Reposez en paix, Monsieur le Ministre », a-t-il conclu, tout en invoquant la grâce divine pour le défunt et le réconfort de ses proches.
Au-delà de la disparition d’un ancien membre du gouvernement, cet hommage remet en lumière le rôle joué par Gnénema Coulibaly dans les débats internes qui ont accompagné la transformation des Forces nouvelles et le repositionnement politique de leurs cadres après la crise post-électorale.
Maxime KOUADIO








