Ci-dessous une mise au point intitulée ‘’ Lorsque les rumeurs prennent le pas sur les faits, il devient nécessaire de parler’’, signée par des démissionnaires du Mouvement des Générations capables, parti de Simone Ehivet Gbagbo, en réaction à ce qu’ils considèrent comme des attaques infondées contre eux. L’intégralité de leur texte don’t copie est parvenue à la rédaction de akwananews.ci.
MISE AU POINT
Depuis plusieurs semaines, nous assistons avec préoccupation à la diffusion de rumeurs, d’insinuations et d’accusations au sein du Mouvement des Générations Capables (MGC) et par ses communicants sur les réseaux sociaux.
Ces allégations interviennent dans un contexte marqué par la démission de plusieurs cadres du Parti, dont l’ancien Premier Vice-Président. Elles alimentent un climat de suspicion et donnent lieu à des interprétations qui, bien souvent, ignorent les faits ou les déforment. Face à cette situation, le silence pourrait être perçu comme une approbation ou un aveu. Nous estimons donc qu’il est de notre responsabilité de rétablir certaines vérités, de clarifier notre position et d’appeler chacun à davantage de retenue et de responsabilité.
En tant qu’anciens Vice-Présidents du MGC ayant nous-mêmes librement choisi de démissionner, nous souhaitons apporter à l’opinion publique, aux militants du Parti et à tous ceux qui s’interrogent des précisions.
- Nos démissions sont des décisions personnelles, libres et assumées.
Nous avons librement adhéré au MGC et consacré, pendant l’exercice de nos responsabilités, notre temps, notre énergie et nos convictions à la vie et au développement du Parti. De la même manière, nous avons, librement et en conscience, décidé d’y mettre fin. Nos démissions ont été régulièrement adressées aux instances compétentes, et les raisons qui les motivent ont été clairement exposées. Dès lors, pourquoi chercher ailleurs l’explication de nos departs ? Pourquoi vouloir attribuer nos décisions à l’influence ou à la supposée manipulation d’un tiers ? Devrait-on considérer que d’anciens responsables ayant exercé d’importantes fonctions seraient incapables de discernement ou privés de leur droit de penser et de décider ?
Avant nous, certains cadres du MGC, notamment le Vice-Président chargé de la mobilisation des ressources financières et le Secrétaire Général Adjoint chargé de la mobilisation, ont eux aussi démissionné et pris leurs distances avec le parti. Sauf erreur de notre part, leurs départs n’avaient pas suscité une déferlante de propos calomnieux à leur encontre.
Nous récusons fermement un tel tableau et assumons pleinement nos démissions, de même que les raisons qui les ont motivées.
- Des accusations graves qui apparaissent comme une volonté de discréditer l’ancien Premier Vice-Président et qui appellent des preuves
Nous constatons par ailleurs la multiplication d’insinuations visant particulièrement l’ancien Premier Vice-Président. Sur les réseaux sociaux et à travers d’autres formes d’échanges, il est fait état d’une prétendue affaire de détournement portant sur une somme de 300 millions de francs CFA qui aurait été destinée à la Présidente pour le compte du MGC. Nous estimons qu’une accusation d’une telle gravité ne peut être relayée sans éléments objectifs permettant d’en établir la réalité. Il est évident que cette accusation porte atteinte à la réputation, à la crédibilité à l’honneur, de la personne concernée. Des questions légitimes se posent donc. Les faits allégués sont-ils réels ? Quelle est l’origine exacte de cette somme ? Existe-t-il des documents ou éléments matériels permettant d’éclairer l’opinion publique? Une plainte a-t-elle été déposée par le MGC ou par sa Présidente ?
Si une plainte existe, il convient de laisser les autorités compétentes accomplir leur travail et déterminer les responsabilités éventuelles.
Si aucune plainte n’existe, pourquoi continuer à entretenir dans l’opinion l’idée qu’un détournement aurait été commis ?
- Une contradiction qui mérite clarification
Cette situation est d’autant plus surprenante que, à notre connaissance, la Présidente du MGC n’a jamais fait publiquement état d’une telle affaire ni établi le moindre lien entre celle-ci et la démission de l’ancien Premier Vice-Président. Au contraire, lors d’une réunion de la Présidence du Parti, elle a indiqué que cette démission était motivée par des raisons de santé.
Comment comprendre alors que plusieurs semaines après le départ de l’ancien premier Vice-président, apparaissent des accusations ou insinuations portant sur un prétendu détournement de 300 millions de francs CFA ? Pourquoi cette question n’a-t-elle pas été évoquée au moment de sa démission ? Pourquoi laisser prospérer aujourd’hui de telles accusations sans clarification officielle du MGC ?
Ces interrogations méritent des réponses claires afin d’éviter toute confusion dans l’opinion.
- Faut-il créer et entretenir des polémiques après une démission ?
Nous avons choisi de quitter nos fonctions et de renoncer à nos responsabilités au sein du MGC. Dès lors, nous nous interrogeons sur les raisons qui justifieraient encore la persistance de rumeurs, d’insinuations ou d’accusations non établies à notre encontre. Le débat politique gagnerait à se concentrer sur la vision, les projets et les perspectives plutôt que sur les polémiques personnelles.
5. Notre position
Pour notre part, nous assumons pleinement nos démissions, notre liberté de jugement ainsi que notre responsabilité individuelle. Nous n’avons aucune raison de nous cacher derrière qui que ce soit. Nous avons exercé des responsabilités importantes au sein du MGC, participé à sa vie politique et pris les décisions que nous estimions conformes à nos convictions. Nous avons ensuite choisi de démissionner. C’est notre droit le plus strict. Nous demandons simplement que ce droit soit respecté.
Nous souhaitons enfin que les relations entre anciens camarades ne soient pas durablement empoisonnées par des rumeurs ou des accusations dont la véracité reste à établir. Tout cela pourrait malheureusement déboucher sur des procès qui ne feront que nous éloigner de l’essentiel.
Nous demeurons convaincus que la politique doit rester un espace de débat, de responsabilité et de respect mutuel. Les divergences d’opinion sont légitimes. La destruction des réputations, elle, ne l’est pas.
Fait à Abidjan, le 7 septembre 2026
Des anciens Responsables du MGC
– Irène GOHOUROU, ancienne Vice-Présidente
– Ago Marthe ZADI, ancienne Vice-Présidente
– Jean-Claude KOUAO, ancien Vice-Président
– Yves DJÉDJÉ, ancien Vice-Président
NB : Le titre et le chapeau sont de la Rédaction








