À Zéribéri dans le département de Fresco, la lumière était au rendez-vous, mais le discours du ministre Amadou Coulibaly, parrain de la cérémonie de la fête de la lumière s’est rapidement déplacé sur un autre terrain : celui de la peur et de son instrumentalisation.
Samedi, le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement a pris part à la « Fête de la Lumière » organisée par les populations de Zéribéri et de Diomandé Carrefour. Une célébration à laquelle il avait promis de participer depuis le 29 juillet, lorsqu’il avait accepté d’en être le parrain.
Aux côtés de la Mutuelle de développement de Zéribéri (MUDEZI), conduite par sa présidente Marie-Adèle Djidjé, et en présence notamment du ministre Philippe Légré, du président du Conseil régional, Kébé Mahamadou, ainsi que du corps préfectoral, Amadou Coulibaly a salué une étape importante pour ces deux localités.Le 15 février dernier, Zéribéri et Diomandé Carrefour ont été raccordés au réseau électrique. Une réalisation qui intervient après plus de six décennies d’attente pour les populations.
Pour Amadou Coulibaly, cette électrification dépasse donc la seule question de l’accès à l’énergie. Elle constitue, selon lui, un symbole d’espérance et de développement.
Le ministre a également rappelé les autres infrastructures dont bénéficient désormais les populations, notamment une voie d’accès, une maternité et une école primaire. Des réalisations qu’il a associées à l’action du président Alassane Ouattara.Mais c’est surtout son avertissement contre les « fabricants de la peur » qui a retenu l’attention.
Profitant de son passage dans le Gbôklê, Amadou Coulibaly a dit vouloir attirer l’attention des populations sur un phénomène qu’il juge préoccupant : la fabrication et l’instrumentalisation de la peur.« Nous assistons aujourd’hui à la naissance d’une nouvelle catégorie de cadres dont le seul travail semble être de rassembler tous les ingrédients nécessaires pour créer la peur, l’entretenir et la développer », a-t-il déclaré.
Le ministre les a qualifiés d’« alchimistes de la peur », une expression destinée à décrire, selon lui, ceux qui transformeraient les inquiétudes en instruments d’influence.
Dans son argumentaire, Amadou Coulibaly estime que la peur constitue un terrain particulièrement favorable aux réactions instinctives. Elle peut, selon lui, réduire la capacité à prendre du recul, à analyser une situation et à distinguer les faits de ce qui relève de la manipulation.
Pour le porte-parole du gouvernement, le phénomène ne se limiterait pas à la diffusion d’informations anxiogènes. Il s’agirait aussi d’une stratégie consistant à rechercher constamment de nouveaux éléments susceptibles d’alimenter l’inquiétude.
« Là où il faudrait apporter une critique constructive, proposer des solutions ou ouvrir un débat utile, ils préfèrent susciter l’angoisse, l’inquiétude, la frayeur », a-t-il dénoncé.
Amadou Coulibaly a appelé les populations à identifier ces acteurs et à ne pas céder à leurs discours. Une société peut, selon lui, débattre de ses difficultés, dénoncer ses insuffisances et interpeller les pouvoirs publics sans pour autant céder à la peur.Le choix de Zéribéri n’est pas anodin dans le discours du ministre.
Amadou Coulibaly a également insisté sur la fraternité, la paix et le vivre-ensemble entre les populations autochtones et leurs hôtes, appelant à préserver la cohésion sociale.« Donnons dos aux alchimistes de la peur et faisons davantage confiance à notre capacité collective à réfléchir, à comprendre et à construire », a-t-il lancé.
Maxime KOUADIO








