Nouvellement nommée à la tête du département de Grand-Bassam, Traoré, née Ilmeda Marguérite Marie Doussou, entend placer son action sous le signe du dialogue. Pour sa première prise de contact avec l’une des figures influentes de la région, la nouvelle préfète s’est rendue, jeudi 10 septembre, à la résidence de Simone Ehivet Gbagbo, à Moossou.
Accompagnée d’une douzaine de responsables représentant les principales composantes de l’administration locale, la préfète a échangé avec la présidente du Mouvement des générations capables (MGC), entourée pour l’occasion de ses proches, de ses parents et de plusieurs responsables de sa formation politique.
Cette démarche traduit la volonté de la nouvelle représentante de l’État de s’appuyer sur les forces vives du département avant d’engager ses principales actions administratives.
Face à elle, Simone Gbagbo a salué une approche qu’elle juge inhabituelle.« Vous avez innové dans votre approche avec la population. C’est la première fois qu’on voit ça », a déclaré l’ancienne Première dame, qui a également évoqué l’état de sa résidence, avant de préciser avoir sollicité ses parents afin qu’ils soient présents pour accueillir la délégation préfectorale.
La délégation conduite par la préfète réunissait notamment le premier adjoint au maire, représentant la maire de Grand-Bassam, un conseiller régional, des sous-préfets, le commissaire de police, le commandant de la police maritime, le commandant des Eaux et Forêts, la responsable de la sécurité civile ainsi que des membres du cabinet de la préfecture.
Devant cette représentation des différentes composantes de l’administration locale, Traoré a expliqué les raisons de sa démarche. Pour elle, la gestion du département ne saurait se faire sans associer ses différentes forces vives.« Il me serait difficile de ne pas compter, dans l’exécution de ma mission, avec les forces vives de Grand-Bassam », a-t-elle expliqué, affichant comme priorité la préservation de la paix.
La nouvelle préfète a notamment appelé à dépasser les épisodes difficiles qu’a connus la localité ces dernières années. « Nous avons eu, par le passé, des moments de joie et des moments de malheur. Nous sommes là aujourd’hui pour dire que nous ne voulons que la paix », a-t-elle poursuivi.
Dans cette logique, elle a assuré qu’elle n’hésiterait pas à solliciter Simone Gbagbo chaque fois que la situation l’exigerait. « Chaque fois qu’il y aura une possibilité de toquer à votre porte, je le ferai », a-t-elle déclaré.En évoquant la nécessité de tourner la page, la préfète faisait notamment référence aux tensions qui ont marqué Moossou en 2023. Cette année-là, un conflit avait opposé le roi des Abouré à une partie de son peuple. Le souverain avait notamment vu sa chaussure retirée en pleine messe catholique, un geste traditionnellement interprété comme un acte de destitution.
Depuis, la crise au sein de la royauté de Moossou demeure. Le royaume est actuellement administré par un régent, tandis que les efforts visant à restaurer durablement la paix se poursuivent.
La nouvelle préfète souhaite ainsi que cet épisode appartienne désormais au passé. Elle compte notamment sur l’implication de personnalités disposant d’une influence locale, à l’image de Simone Gbagbo, pour favoriser l’apaisement.
Au nom de cette dernière, Antoine Foba, cadre de la région, a salué la démarche de l’autorité préfectorale. Il a estimé que « la grandeur d’une nation réside dans sa capacité à fédérer ses filles et ses fils ».
Cette rencontre marque ainsi un premier contact entre la nouvelle administration préfectorale et l’une des principales figures politiques de Grand-Bassam. Elle intervient dans un contexte où la recherche du dialogue et de la cohésion locale apparaît comme l’un des enjeux majeurs de la nouvelle équipe préfectorale.
Maxime KOUADIO







