Le Congrès panafricain pour la justice et l’égalité des peuples (COJEP) entend apporter sa contribution à la lutte contre l’orpaillage illégal en Côte d’Ivoire. À cet effet, son porte-parole, Me Serge Olivier Ouraga, a présenté ce mardi 15 septembre 2026, lors d’un point de presse tenu au siège du parti à Cocody-Angré, un document de position et de propositions consacré à la problématique.
Pour le COJEP, cette initiative traduit une nouvelle conception du rôle de l’opposition. Celle-ci ne devrait pas se limiter à dénoncer les insuffisances de l’action gouvernementale, mais doit également être capable d’analyser les difficultés du pays et de proposer des solutions susceptibles d’alimenter le débat national. Me Serge Olivier Ouraga a notamment alerté sur l’évolution de l’orpaillage illégal, désormais considéré par le parti comme un phénomène organisé et structuré autour de plusieurs réseaux. Ceux-ci impliqueraient notamment le financement, la fourniture d’équipements, le transport, l’achat, la collecte, la commercialisation et l’exportation de l’or. « Cette situation entraîne de lourdes conséquences environnementales, économiques et sociales, avec la dégradation des terres agricoles, la pollution des cours d’eau, la destruction des forêts et des écosystèmes, ainsi que la fragilisation de certaines communautés », a-t-il relevé.
Le parti estime que la destruction des sites d’orpaillage, à elle seule, ne permet pas de régler durablement le problème. « Lorsqu’un site est détruit et que l’activité réapparaît ailleurs, il faut s’intéresser aux mécanismes qui permettent sa reconstitution », a expliqué Me Serge Olivier Ouraga.
Le COJEP préconise ainsi une approche globale fondée sur le renseignement, les enquêtes, la justice, le contrôle des flux financiers, la traçabilité de l’or, la surveillance du territoire, la restauration des espaces dégradés et la création d’alternatives économiques pour les populations. Le parti appelle donc à passer de la simple intervention sur les sites à une stratégie visant à identifier et démanteler les réseaux qui soutiennent et financent l’activité clandestine. Tout en saluant les efforts déjà consentis par l’État et les forces de sécurité, Me Serge Olivier Ouraga estime que les résultats obtenus doivent être davantage évalués afin d’adapter la réponse nationale à l’ampleur du phénomène.
Le COJEP qualifie l’orpaillage illégal d’« autre forme de guerre contre notre pays », estimant qu’il constitue une menace pour le patrimoine national et les générations futures. Il a souligné que ce document a été transmis aux ministères et administrations concernés, avec l’objectif de soumettre directement les propositions du parti aux autorités compétentes. Pour le COJEP, les solutions pertinentes doivent pouvoir être examinées et mises en œuvre indépendamment de leurs origines politiques.
En guise de proposition, le parti de Charles Blé Goudé a présenté un document consacré à la lutte contre l’orpaillage illégal en Côte d’Ivoire. Un phénomène que cette formation politique invite à ne plus considérer comme une simple question environnementale, mais un enjeu majeur de souveraineté, de sécurité et de protection des générations futures, en raison de ses conséquences sur les forêts, les terres agricoles et les ressources en eau. Le COJEP propose donc de renforcer la qualification pénale des formes les plus graves et organisées de l’orpaillage afin que leurs auteurs et surtout les principaux responsables puissent encourir des sanctions plus lourdes.
Pour Me Ouraga, l’arrestation des personnes présentes sur les sites ne doit pas constituer l’aboutissement des enquêtes, mais plutôt leur point de départ, afin de remonter la chaîne des responsabilités jusqu’aux véritables commanditaires et bénéficiaires. Le COJEP appelle par ailleurs à un contrôle renforcé du circuit de commercialisation de l’or et des flux financiers, afin de déterminer l’origine de l’or extrait et d’identifier les bénéficiaires effectifs de cette activité. Sur le plan environnemental, Me Serge Olivier Ouraga recommande le recours accru aux technologies de surveillance, aux données satellitaires, aux systèmes d’alerte et à la cartographie numérique pour détecter rapidement les activités clandestines et renforcer la protection des zones à forte valeur écologique, notamment les forêts, les bassins versants, les cours d’eau et les zones de captage. Le COJEP insiste également sur la nécessité de restaurer et dépolluer les sites après leur déguerpissement. « L’objectif est de permettre aux populations de retrouver des terres exploitables et d’éviter que la dégradation des sols et des ressources en eau ne compromette durablement les activités agricoles » ; a signifié le porte-parole.
Enfin, le COJEP plaide, dans cette œuvre, pour la mise en place d’alternatives économiques au profit des communautés locales. Selon Me Serge Olivier Ouraga, la lutte contre l’orpaillage illégal doit également prendre en compte les réalités économiques des populations et leur proposer des moyens de subsistance durables afin de réduire leur dépendance à cette activité.
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