Le Parti des Peuples Africains Côte d’Ivoire (PPA-CI) se désolidarise-t-il des autres membres de l’opposition qui ont déposé des propositions sur le nouvel organe électoral en le citant comme partie prenante à l’élaboration de ce document ? Il est difficile de répondre autant par l’affirmatif que par le négatif. En effet, dans un communiqué émanant de la haute direction de cette formation politique, le parti de l’ex-président Laurent Gbagbo ne renie ni ne confirme sa reconnaissance du document de synthèse déposé prenant en compte ses propositions. « Dans le cadre du processus de mise en place d’un nouvel organe électoral, le gouvernement a demandé aux partis et groupements politiques de faire connaître leurs propositions. Le PPA-CI a donc élaboré son projet et en a discuté avec des partis et groupements politiques frères de l’opposition. Ce sont : CAP-CI, HCE et ADCI. Le lundi 5 octobre 2026, ces formations politiques ont déposé au ministère de l’Intérieur un document de synthèse des différentes propositions, dont celles contenues dans le projet du PPA-CI ». Et le document signé par le ministre Léon Emmanuel Monnet, président exécutif, de faire cette précision pour le moins ambiguë : « N’ayant pas achevé le processus de validation par les instances compétentes et la Direction du Parti, le PPA-CI n’a pas signé ce document et n’a pas pris part à cette rencontre avec le représentant du gouvernement ».
Autrement, pour les dirigeants du PPA-CI, le document déposé par Pascal Affi N’guessan du FPI, Charles Blé Goudé du COJEP, Assalé Tiémoko, ainsi que les représentants du MGC de Simone Ehivet Gbagbo, ne serait pas le document final du processus engagé pour parler d’une seule voix devant le pouvoir. Cependant, poursuit le communiqué, « le PPA-CI note cette première avancée et se réjouit de l’esprit ainsi observé ».
Dans le même temps, le parti de Laurent Gbagbo, sans dire qu’il endosse le document déposé, souligne avoir « décidé d’étendre la concertation à d’autres formations politiques et organisations de la société civile. Il s’agit notamment des partis politiques et associations qui avaient répondu favorablement à « l’appel de Bonoua », adhéré au mouvement « Trop c’est trop » et au « Front commun », manifestant ainsi leur engagement pour un processus électoral démocratique, inclusif et transparent, afin de sortir enfin la Côte d’Ivoire des crises liées aux élections ». Où étaient donc ces partis politiques et organisations de la société civile au moment des concertations avec les parties prenantes susmentionnées du document déposé ? Quid du délai fixé par le gouvernement pour ramasser les propositions faites ? Le PDCI-RDA, qui est la principale formation ayant participé au Front Commun, a déjà déposé ses propositions. A quand la concertation étendue avec ces acteurs qu’évoque le PPA-CI, et à quoi serviront leurs conclusions quand le gouvernement a fini de récupérer les propositions à partir desquelles il se prépare à passer à la prochaine phase d’élaboration du nouvel organe en gestation ?
Il y a bien quelque chose qui ne dit pas son nom. Car, en l’actuel des choses, il est bien difficile de connaitre l’alignement du PPA-CI, qui jette un pavée dans la marre de l’opposition. « Le PPA-CI appelle à un dialogue politique inclusif en vue de convenir, sur la base des différentes propositions élaborées par l’opposition et le gouvernement, de l’architecture et du fonctionnement d’un nouvel organe électoral consensuel », conclut le communiqué. Mais, de quel document de l’opposition parle le PPA-CI. Dans lequel de ces documents se reconnaitrait-il ?
Vivra verra encore au sujet de cette opposition qui ne finit pas de surprendre par sa propension à avancer toujours à pas de tango.
Félix D.BONY








