Dans une publication diffusée vendredi 25 septembre, Me Ndry Claver, ancien avocat de Charles Blé Goudé devant la Cour pénale internationale (CPI), s’est exprimé sur le différend opposant la commune du Plateau au District autonome d’Abidjan, après la démolition d’une partie des aménagements de la Promenade lagunaire.
L’affaire remonte à la nuit du 11 au 12 septembre, lorsque des services du District sont intervenus sur la berge lagunaire située entre les ponts Félix Houphouët-Boigny et Général-de-Gaulle.
La mairie du Plateau affirme que l’opération a notamment touché des installations d’Oxy Park II, réalisées dans le cadre de son projet de valorisation de la promenade lagunaire. Prenant appui sur la conférence de presse du maire Jacques Gabriel Ehouo, Me Ndry Claver estime que cette situation doit être examinée au-delà des éventuelles questions de procédure ou de compétences.
Pour l’avocat, la gestion des affaires publiques doit avant tout être guidée par « l’intérêt général ».
Dans sa prise de position, l’ancien conseil de Charles Blé Goudé insiste particulièrement sur la question des ressources publiques. Il rappelle qu’un espace aménagé avec des fonds publics constitue un investissement de la collectivité et estime que sa destruction doit être considérée avec responsabilité.
La mairie du Plateau affirme pour sa part que les aménagements concernés ont été financés sur son budget propre. Le Conseil municipal a évalué l’investissement global de la Promenade lagunaire à plus de 1,2 milliard de francs CFA, dont environ 359,5 millions pour le site Oxy Park II. « La Côte d’Ivoire ne peut se payer le luxe de voir des engins détruire des ouvrages réalisés avec l’argent du contribuable », écrit Me Ndry Claver, qui considère qu’une telle opération ne saurait être présentée comme une démarche à saluer.
Face à ce différend entre les deux collectivités, l’avocat appelle la commune du Plateau et le District autonome d’Abidjan à privilégier le dialogue afin de parvenir à un règlement prenant en compte les intérêts des populations.
Cette position rejoint l’appel déjà formulé par la mairie du Plateau à l’ouverture d’un dialogue institutionnel et à l’arrêt des actions unilatérales. Le Conseil municipal affirme que le différend porte notamment sur la répartition des compétences entre les deux entités.
Me Ndry Claver met en garde contre une gestion des affaires publiques fondée sur le rapport de force. Pour lui, la véritable autorité administrative réside davantage dans la capacité à dialoguer, à expliquer les choix opérés et à rechercher des solutions acceptables pour les différentes parties prenantes.« La force est en réalité une faiblesse », soutient-il, en appelant les administrations à privilégier la concertation plutôt que la confrontation.
Au-delà du contentieux autour de la Promenade lagunaire, sa sortie remet ainsi au centre du débat la question de la coordination entre les collectivités locales et la nécessité de préserver les investissements publics au bénéfice des populations.
Maxime KOUADIO








