Alors que plusieurs formations de l’opposition réclament des discussions nationales sur la création du futur organe électoral, l’exécutif ivoirien défend la procédure engagée par le ministère de l’Intérieur. Pour Amadou Coulibaly, les propositions recueillies seront examinées avant d’être transmises au Parlement.
Le gouvernement ivoirien ne semble pas disposé, à ce stade, à ouvrir un nouveau dialogue politique consacré à la réforme de l’organe électoral. Interrogé sur la demande formulée mardi 13 octobre par des partis et mouvements de l’opposition, qui souhaitent des discussions nationales sur la mise en place de la future structure, le porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, a réaffirmé la démarche privilégiée par l’exécutif.
S’exprimant mercredi 14 octobre, à l’issue du Conseil des ministres, le ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement a rappelé que les formations politiques avaient été invitées à soumettre leurs propositions au ministère de l’Intérieur. Plusieurs responsables de l’opposition se sont ainsi succédé auprès de ce département pour faire connaître leurs recommandations sur la réforme électorale.
Pour Amadou Coulibaly, cette procédure s’inscrit dans la continuité des conclusions du dernier dialogue politique. Celles-ci avaient établi, selon lui, que la Côte d’Ivoire n’était plus dans une situation de crise justifiant un cadre exceptionnel de concertation et que les institutions de la République étaient désormais installées et opérationnelles.
L’exécutif privilégie la voie institutionnelle
« Toutes les requêtes qui relevaient d’une institution devaient être portées devant cette institution », a expliqué le porte-parole du gouvernement, justifiant ainsi le choix de confier au ministère de l’Intérieur la réception des propositions relatives à la réforme du système électoral.
Selon lui, les questions liées à l’organisation des élections relèvent des attributions de l’administration du territoire. Il estime donc logique que le ministère de l’Intérieur occupe une place centrale dans le processus engagé, plutôt que de recourir à un nouveau cadre général de dialogue politique.
L’exécutif entend désormais examiner les différentes contributions recueillies. À l’issue de ce travail, le texte élaboré par le gouvernement sera transmis à l’Assemblée nationale, a précisé Amadou Coulibaly, sans annoncer de calendrier pour cette prochaine étape.
L’opposition maintient sa demande de concertation
La position gouvernementale intervient alors que des partis et mouvements de l’opposition plaident pour une concertation plus large autour de la future architecture électorale. Au-delà du dépôt de propositions auprès du ministère de l’Intérieur, ces formations souhaitent que la réforme fasse l’objet d’échanges politiques destinés à dégager un consensus.
En réponse à cette revendication, Amadou Coulibaly a mis en garde contre toute interprétation politique excessive de la procédure en cours. « Il ne faut pas, je pense, transformer aujourd’hui les actes normaux de la vie d’un pays en une surenchère politique », a-t-il déclaré.
Reste à savoir si cette approche institutionnelle suffira à répondre aux attentes de l’opposition, qui fait de la réforme de l’organe électoral un enjeu majeur de la confiance dans le processus électoral. Pour l’heure, le gouvernement privilégie l’examen des propositions par ses services, avant leur transmission au Parlement, plutôt que l’ouverture d’un nouveau dialogue politique.
Maxime KOUADIO








