Réunis mardi 13 octobre 2026 au siège du PDCI, à Cocody, Simone Ehivet Gbagbo, Pascal Affi N’Guessan et plusieurs responsables de l’opposition ont appelé le gouvernement à ouvrir un dialogue national sur le futur organe électoral. Ils réclament un accord négocié sur les règles électorales avant l’adoption des textes encadrant la nouvelle institution.
L’opposition ivoirienne veut prendre part à la redéfinition du cadre électoral. Dans une déclaration commune rendue publique mardi 13 octobre au siège du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), à Cocody, plusieurs partis et groupements politiques ont demandé au gouvernement d’engager des discussions sur le nouvel organe chargé d’organiser les élections.
Lue par Philippe Ezaley, vice-président du PDCI, en présence notamment de Simone Ehivet Gbagbo, présidente du Mouvement des générations capables (MGC), et de Pascal Affi N’Guessan, président du Front populaire ivoirien (FPI), cette déclaration traduit une volonté commune : parvenir à un consensus sur les conditions d’organisation de scrutins transparents et apaisés.
Les signataires indiquent avoir arrêté cette position lors d’une réunion tenue le 9 octobre. Un courrier commun sollicitant l’ouverture de ce dialogue a ensuite été déposé à la Primature le lundi 12 octobre. Après avoir répondu à deux reprises aux invitations du gouvernement concernant le nouvel organe électoral, les formations de l’opposition estiment désormais que l’exécutif doit donner une suite favorable à leur demande de concertation.
L’après-CEI au cœur des discussions
Pour les partis signataires, la réforme en cours constitue une occasion de tirer les leçons des crises électorales qui ont marqué le pays. Ils attribuent notamment une partie des difficultés passées aux défaillances de l’ancienne Commission électorale indépendante (CEI), dont l’impartialité et la capacité à instaurer la confiance entre les acteurs politiques ont été contestées.
La disparition de cette institution doit, selon eux, déboucher sur une transformation substantielle du système électoral, et non sur un simple changement de structure. Ils plaident ainsi pour un dispositif reposant sur des responsables compétents et indépendants, dont la désignation serait transparente et consensuelle. Ils insistent également sur la nécessité de garantir l’autonomie du futur organe à l’égard du pouvoir politique et l’impartialité du contrôle des opérations électorales.
La question de la liste électorale figure aussi parmi leurs priorités. L’opposition demande un audit indépendant du fichier et sa mise à jour régulière, afin que tous les citoyens remplissant les conditions légales, notamment les nouveaux majeurs, puissent s’inscrire. Elle souhaite également que chaque électeur puisse voter librement et avoir l’assurance que son suffrage sera correctement comptabilisé.
Un accord avant l’adoption des textes
Au-delà de la composition de la future institution, les formations politiques réclament des mécanismes permettant de vérifier les résultats. Elles demandent notamment une traçabilité complète des opérations électorales, l’accès aux procès-verbaux et la publication des résultats détaillés de chaque bureau de vote.
Des voies de recours effectives et impartiales devraient également permettre de régler les différends par les mécanismes institutionnels, afin de limiter les contestations.Mais l’opposition entend surtout peser sur la méthode retenue pour conduire la réforme.
Dans sa déclaration, elle prévient qu’une présentation de décisions déjà arrêtées par le gouvernement, sans concertation préalable, ne répondrait pas à sa demande.
Les signataires souhaitent que les propositions des différentes parties soient examinées dans un cadre de négociation, que les désaccords puissent être discutés et qu’un accord écrit soit obtenu avant la finalisation et l’adoption des textes.
Le dialogue proposé devrait réunir le gouvernement, les partis de la majorité et de l’opposition, ainsi que des organisations de la société civile sélectionnées de manière consensuelle. Les responsables politiques réclament également un calendrier précis pour encadrer les discussions.
La prévention d’une nouvelle crise électorale
En affichant cette position commune, les formations signataires présentent la réforme électorale comme un enjeu qui dépasse les intérêts des partis. Elles affirment être disposées à défendre leurs propositions, à écouter celles des autres participants et à rechercher de bonne foi une solution garantissant le respect du choix des électeurs.
Elles appellent donc le gouvernement à répondre favorablement à leur demande et à proposer rapidement une rencontre préparatoire. Pour elles, la prévention d’une crise électorale passe d’abord par l’établissement de règles jugées crédibles avant la tenue du scrutin.
La déclaration s’adresse également à l’opinion publique ivoirienne et aux partenaires régionaux et internationaux, invités à soutenir cette démarche pacifique dans le respect de la souveraineté du pays.Reste à connaître la réponse de l’exécutif à cette demande de dialogue. L’enjeu sera de déterminer si les différentes forces politiques parviendront à s’accorder sur les garanties nécessaires au fonctionnement du futur organe électoral, alors que la confiance dans les mécanismes électoraux demeure au centre des préoccupations exprimées par l’opposition.
Maxime KOUADIO








