Une semaine après les affrontements intercommunautaires qui ont endeuillé le village de Kossandji, dans le département d’Alépé, la justice ivoirienne passe à l’offensive. Le parquet près le Tribunal de première instance d’Abobo a annoncé, jeudi 12 août, l’inculpation et le placement sous mandat de dépôt de dix-huit personnes soupçonnées d’être impliquées dans ces violences qui ont fait sept morts.
Les faits remontent au 4 août 2026. Ce jour-là, un différend opposant des membres de plusieurs communautés vivant à Kossandji, localité située dans la sous-préfecture de Danguira, dégénère en affrontements d’une rare violence. Le bilan humain est lourd : sept personnes tuées, plusieurs blessés et un habitant toujours porté disparu. Des habitations et d’autres biens matériels ont également été détruits. Face à l’ampleur des événements, le parquet d’Abobo avait aussitôt ordonné l’ouverture d’une enquête afin d’identifier les auteurs présumés et de les traduire devant la justice.

Selon le communiqué signé par le procureur de la République, Counta Naffissiatou, les investigations menées par les services compétents ont permis l’interpellation de dix-huit individus. Présentés au parquet, ces derniers font désormais l’objet d’une information judiciaire. Les chefs d’accusation retenus sont particulièrement lourds : meurtre, troubles à l’ordre public, détention illégale d’armes à feu, association de malfaiteurs, vols commis en réunion et de nuit, destructions volontaires de biens, incendies criminels ainsi que coups et blessures volontaires. Ces infractions, prévues par plusieurs dispositions du Code pénal ivoirien et de la législation sur les armes et les explosifs, exposent les mis en cause à de sévères sanctions pénales.
Au-delà de la réponse judiciaire, cette affaire remet en lumière la question sensible des tensions communautaires dans certaines localités rurales, souvent alimentées par des différends fonciers, des rivalités économiques ou des incompréhensions entre populations.
M.K








