L’information a circulé comme une trainée de poussière dans la matinée de ce mardi 25 août 2026, avec des images à l’appui. Des gendarmes, commis pour l’opération de démantèlement des sites clandestins d’orpaillage sur le territoire ivoirien, ont été empêchés de circuler à N’guessankro. Dans ce village, des habitants opposés à l’opération menée par le Groupement spécial de lutte contre l’orpaillage illégal (GS-LOI), se sont soulevés pour se mettre au travers du chemin des hommes de la maréchaussée conduits par le lieutenant Malick Fofana.
L’information a été aussitôt démentie pas des cadres et fils de la localité, vidéo peu probante à l’appui, pour dénoncer un dénigrement d’ennemis ne voulant pas le bien de leur village. D’autres cadres joints par nos soins ont préféré ne pas en dire quelque chose. Ce qui laissait le flou courir sur ce qui a dû réellement se passer.
Le communiqué du député
La polémique montante est tranchée par un communiqué officiel du député de Bongouanou sous-préfecture, Diby Kokora Bernard, fils dudit village, qui écrit : « (…) Après vérification auprès des populations, de la chefferie traditionnelle ainsi que de la Gendarmerie de N’Guessankro, il ressort clairement que ces allégations sont sans fondement. En effet, aucune manifestation, aucun affrontement et aucun incident entre les populations et les éléments de la Gendarmerie nationale n’ont été enregistrés à N’Guessankro dans le cadre de cette opération. Par conséquent, j’invite les populations, les internautes et l’ensemble de nos concitoyens à faire preuve de responsabilité, de discernement et de vigilance, et surtout à s’abstenir de relayer des informations non vérifiées, susceptibles de créer inutilement la confusion, d’alimenter des tensions ou de porter atteinte à la quiétude des populations… »

Hélas, comme la fumée qui ne peut se cacher avec la main, l’élu a joué sa partition, mais des langues se sont finalement déliées. Il y a eu bel et bien tension à N’guessankro. Selon des témoignages que nous avons finalement pu recueillir, qui sont confirmés par le confrère La Nouvelle chaîne ivoirienne (Nci) dont une équipe de reportage prend part au convoi militaire, l’ambiance a été très surchauffée entre des manifestants chauffés à blanc de N’guessankro, fermement opposés au passage et à l’action du détachement spécial de la gendarmerie arrivée dans leur localité.
Le convoi des gendarmes pourchassé, un engin touché
La tension est même montée d’un cran, et il aura fallu le sang froid de l’officier commandant la troupe pour éviter tout débordement. Pour contenir la foule en furie, les agents ont néanmoins été obligés de sortir des moyens dissuasifs, dont les images ont circulé sur les réseaux sociaux, et de bander un tant soit peu les muscles. Malgré tout, le Gs-loi ne vas sortir totalement indemne. Un de ces véhicules est atteints par les projectiles de ces habitants déchainés, vent debout contre les actions de démantèlement de l’orpaillage illégal.

Ces actes, qui s’apparentent à une révolte, serait consécutifs à la destruction dans les brousses de cette localité, chef-lieu de sous-préfecture, des sites d’orpaillage illégal et de matériels d’extraction d’or appartenant aux clandestins.
Pour ne pas céder à la provocation et éviter tout affrontement avec ces populations mécontentes, les gendarmes prennent l’option de rebrousser chemin et de contourner le village de N’guessankro. Un nouveau parcours du combattant qui leur impose un long détour par la localité de N’zuékokoré pour accéder à l’axe Bongouanou – M’batto. Sur leur chemin, ils sont pourchassés par une partie des manifestants, les obligeants à appeler du renfort de l’escadron de Bongouanou. Parvenus à N’zuékokoré et soutenus par les renforts arrivés, les gendarmes décident alors de se déployer pour contenir l’adversité. C’est au cours de cette opération de déploiement qu’ils sont alertés par une source anonyme et tombent sur un autre coup fumant. Dans ce village, l’on n’y troupe pas que des sites d’orpaillage illégaux. La localité abrite un atelier servant de lieu de vente de matériels dédiés à l’activité illicite. Les gendarmes y débarquent et démantèlent ce commerce qui s’ajoute à la moisson déjà abondante réalisée dans les forêts et plantations de N’guessankro.
Commanditaires et relais coutumiers en fuite
Dans le Moronou, selon le bilan établi par le confrère NCI, dont l’équipe couvre l’expédition, ce sont 114 clandestins qui ont été interpellés sur 31 sites démantelés. Selon le rapport de la gendarmerie auquel la rédaction de Akwabanews.ci a eu accès, ce sont plus d’une quinzaine de localités qui ont été visitées depuis plus d’un mois dans la région du Moronou, où l’incivisme de certaines populations plombent l’opération. Ce rapport révèle la fuite des commanditaires et des relais coutumiers, de même qu’une faible collaboration des populations avec les forces engagées dans le démantèlement des sites illégaux recherchés. A l’image des habitants de N’guessankro où il y a eu bel et bien de la tension ce mardi, des échauffourées contre le Gs-loi qui a fait demi-tour pour contenir tout débordement éventuel. Un acte d’incivisme dont il y aura sans doute une suite. Affaire à suivre !
JPN








