L’ancien deuxième secrétaire général adjoint de la Commission électorale indépendante (CEI), Doumbia Major, a vivement critiqué le fonctionnement du système sanitaire ivoirien. Dans une publication diffusée ce lundi 2 novembre, en réaction à une Une de journal titrée « Ouattara salue l’action de Pierre Dimba », il dénonce les insuffisances des structures hospitalières et remet en cause les appréciations positives portées sur le ministre de la Santé.
Doumbia Major ne partage pas l’enthousiasme suscité par les félicitations du président Alassane Ouattara à l’endroit de Pierre Dimba. Pour lui, les difficultés rencontrées par les patients dans les établissements sanitaires ne permettent pas de saluer l’action du ministre.
« On ne fait pas de politique avec la santé des gens : quand un ministre n’est pas à la hauteur, il ne faut pas le caresser dans le sens des poils », a-t-il affirmé.
L’ancien responsable de la CEI déplore notamment l’absence d’un système de dossier médical permettant aux patients de disposer d’un historique complet de leur état de santé, accessible d’un hôpital à un autre et tout au long de leur vie. Il estime qu’un tel dispositif devrait permettre de connaître les antécédents médicaux, les restrictions alimentaires et les allergies des patients.
Il dénonce également les conditions d’hygiène dans les établissements hospitaliers, qu’il juge particulièrement préoccupantes. « L’hygiène dans nos hôpitaux ressemble à la médecine du Moyen Âge », soutient-il.
Des patients confrontés à des retards de soins
Dans sa critique, Doumbia Major met aussi en cause les délais liés à la validation des assurances avant l’administration de certains soins et médicaments. Il estime que cette situation peut avoir des conséquences dramatiques pour les patients.
« Un pays où des patients meurent parce qu’il faut attendre la validation des assurances avant l’administration des soins et des médicaments. Dans un pareil pays, on ne peut pas féliciter le ministre de la Santé », a-t-il déclaré.
L’ ex-compagnon de Guillaume Soro décrit par ailleurs un climat de méfiance à l’égard des structures sanitaires. Selon lui, les patients peuvent redouter de contracter d’autres maladies lors de leur séjour à l’hôpital.« Dans notre pays, quand tu es malade, tu as peur d’aller à l’hôpital, car tu peux y choper une maladie plus grave que celle qui vaut ton entrée à l’hôpital », dénonce-t-il.
Doumbia Major plaide pour un expert à la tête du ministère
Au-delà des critiques adressées à Pierre Dimba, Doumbia Major appelle à une réorganisation du système de santé ivoirien. Il estime que la prévention doit occuper une place centrale dans la politique sanitaire nationale.
« Il faut réorganiser notre système de santé. La santé commence par la prévention de la maladie », a-t-il insisté.
S’il dit comprendre que le président de la République ne dispose pas nécessairement d’une formation médicale, il considère qu’une immersion dans un centre hospitalier universitaire (CHU) permettrait de mesurer les insuffisances du système.
« Je peux comprendre le président qui n’a pas une formation en soins, mais il suffit de passer une journée dans un CHU pour comprendre qu’il y a encore des efforts à faire », a-t-il déclaré.
Doumbia Major estime, en outre, que le ministère de la Santé devrait être confié à une personnalité maîtrisant les enjeux médicaux. Il cite notamment le professeur Eholié, responsable du service des maladies infectieuses au CHU de Treichville, ainsi que le professeur Koffi Ngoran Bernard, du CHU de Cocody.
« Sincèrement, je pense qu’il faut confier ce ministère à quelqu’un qui s’y connaît en soins », conclut-il.








