L’Hôpital psychiatrique de Bouaké, avec l’appui de Médecins Sans Frontières (MSF), a célébré, vendredi 23 octobre 2026, la Journée mondiale de la santé mentale autour du thème : ‘’Nos expériences, nos voix, nos changements : écouter les personnes concernées pour améliorer les soins en santé mentale’’. Une rencontre qui invite les familles, les communautés et les autorités à abandonner les préjugés, à écouter les patients et à lutter contre la stigmatisation.
La cérémonie a réuni des responsables de l’Hôpital psychiatrique de Bouaké, des représentants de MSF, des autorités municipales et régionales de la santé publique, ainsi que des acteurs communautaires. Elle a porté un message fort.

Les personnes vivant avec des troubles psychiques ne sont pas de simples bénéficiaires de soins. Elles sont des partenaires dont les expériences, les besoins et les attentes doivent orienter l’amélioration des services de santé mentale.
Représentant le maire de Bouaké, Amadou Koné, pour Dr. Ambroise Moussouh, la santé mentale est une composante essentielle du bien-être individuel et collectif. « Il n’y a pas de santé sans santé mentale », a-t-il déclaré, avant d’inviter les familles, les leaders communautaires, les responsables religieux et les citoyens à changer les regards portés sur la maladie mentale. « Les personnes concernées doivent être écoutées, accompagnées et respectées, elles ne doivent jamais être rejetées, moquées ou exclues », a-t-il insisté.

Dr. Ambroise Moussoh a également salué la coopération entre l’Hôpital psychiatrique de Bouaké et Médecin Sans Frontières, présentée comme un modèle de partenariat médical et humanitaire au service des populations de Bouaké.
Pour le Directeur de l’hôpital psychiatrique de Bouaké, Dr. François Djo Bi Djo, la qualité des soins ne se limite pas aux traitements ou aux infrastructures. Elle dépend aussi de la manière dont le patient est accueilli, écouté et respecté dans sa dignité. « Votre maladie ne définit pas toute votre identité et ne résume pas votre avenir », a-t-il déclaré. Selon lui, les troubles psychiques peuvent toucher toute personne, sans distinction d’âge, de sexe, de milieu social ou de niveau d’instruction. Malgré les progrès, l’accès aux soins reste toutefois freiné par la stigmatisation, l’exclusion et les atteintes à la dignité des malades.

Richmond Yao, représentant du Directeur régional de la Santé et de l’Hygiène publique, Dr. Aboubakary Coulibaly, a réitéré la disponibilité du Directeur Régional à accompagner toutes les actions de l’Hôpital psychiatrique et de ses partenaires pour le bien-être des patients. Un engagement qui traduit la volonté des autorités sanitaires de renforcer la prise en charge de la santé mentale dans la région du Gbêkê.
Les intervenants ont aussi attiré l’attention sur la situation des proches aidants, souvent confrontés à l’épuisement, aux difficultés financières et à l’incompréhension sociale. L’Hôpital psychiatrique de Bouaké s’est engagé à rendre ses services plus accessibles, plus accueillants et plus respectueux des droits humains, en associant davantage les personnes concernées à l’amélioration de ses pratiques.
François M’BRA II, Correspondant Régional








