L’orpaillage clandestin est devenu un véritable casse-tête pour les autorités compétentes ivoiriennes. Malgré les mises en garde du gouvernement de Côte d’Ivoire, le phénomène de l’orpaillage a pris de l’ampleur sur une grande partie du territoire national.
Conscient qu’il ne faut pas laisser l’État agir seul, chaque entité compte s’engager résolument dans le combat contre ce fléau. Au cours de sa réunion annuelle, le samedi 29 août 2026, dans la ville de Man, le Réseau des Mabristes pour Ado (REM-ADO) a pris la résolution d’intégrer à son programme un panel sur ce phénomène.
Animé par le capitaine Constant Kpan, 2e vice-président du REM-ADO, chargé de l’implantation du réseau à l’étranger, l’exposé avait pour thème : « L’orpaillage clandestin en Côte d’Ivoire : inconvénients environnementaux, sanitaires, socio-économiques et sécuritaires ».
En dressant le tableau sombre de l’orpaillage clandestin, l’officier supérieur des douanes a souligné que les conséquences de cette pratique sont à la fois multiples et diverses. Rappelant à l’auditoire que la pratique de l’exploitation artisanale de l’or ne peut se faire sans autorisation légale, il a déclaré : « Sinon, l’on est en violation des règles établies par l’État. »
En présence des populations présentes dans la salle de réunion de la Chambre d’agriculture de Man, le vice-président du REM-ADO, dans sa communication, a préconisé plusieurs solutions afin d’éradiquer ce fléau.
Au plan environnemental, le capitaine Constant Kpan a encouragé l’État à renforcer la surveillance des zones proliférant en sites d’orpaillage, à procéder au remblayage des fosses, au reboisement et à sensibiliser les populations aux techniques d’exploitation autorisées, ainsi qu’à celles respectueuses de l’environnement.
Au plan sanitaire, l’officier supérieur des douanes a préconisé le renforcement des contrôles sanitaires sur les sites d’exploitation, la sensibilisation des orpailleurs aux dangers liés à l’utilisation des produits chimiques et l’équipement des centres de santé situés à proximité des zones d’orpaillage, afin de prendre en charge les accidents et les problèmes liés à cette activité.
Conscient que cette pratique fait perdre à l’État des centaines de millions de francs CFA, notamment dans la région du Tonkpi, la solution ne consiste pas uniquement à interdire l’activité.
« Il faut proposer des alternatives économiques crédibles aux populations concernées et développer l’agriculture, l’élevage et l’artisanat. L’État peut mieux organiser l’exploitation artisanale de l’or en identifiant les zones autorisées. Il faut faciliter l’accès aux procédures légales en accompagnant les exploitants qui souhaitent entrer dans le secteur formel. Il faut aussi mettre en place une politique permettant de consolider la lutte contre ce phénomène et de créer des emplois pour les jeunes », a fait savoir Constant Kpan.
Au plan sécuritaire, au regard de tout ce qui concourt à l’essor de ce phénomène, le conférencier a indiqué que s’attaquer directement aux exploitants ne suffit pas. Selon lui, il faut renforcer la coopération entre les différents services, notamment dans les zones à dimension transfrontalière, et adopter une approche globale contre ce phénomène.
« L’orpaillage clandestin ne peut être combattu uniquement par des opérations de répression. Il faut renforcer la sensibilisation des populations, particulièrement des jeunes, sur les dangers de l’orpaillage, renforcer la surveillance ainsi que le contrôle des zones. La lutte contre l’orpaillage clandestin doit être menée de manière coordonnée entre les administrations compétentes, notamment les forces de défense et de sécurité, les services des mines, les services des eaux et forêts, les douanes et autres structures concernées », a proposé le 2e vice-président du REM-ADO.
Moïse Tohoua








