Trois jours après le début de la rentrée scolaire 2026-2027, le climat social dans le secteur de l’éducation et de la formation reste sous tension. L’Intersyndicale du ministère de l’Éducation nationale et de l’Alphabétisation et des faîtières syndicales du ministère de l’Enseignement technique, de la Formation professionnelle et de l’Apprentissage (IS-MENA/METFPA) appelle ses militants à se tenir prêts à reprendre le combat syndical.
L’annonce a été faite mercredi 16 septembre 2026 à Abidjan par David Bli Blé, porte-parole principal de l’intersyndicale, lors d’un point de presse organisé à l’issue de l’Assemblée générale des secrétaires généraux nationaux, au siège de la COLEN-CI.
Au cœur des revendications figure toujours la question de l’instauration d’une prime d’incitation au profit des personnels du secteur éducation-formation. Selon l’intersyndicale, cette revendication est portée depuis 2023 et a déjà donné lieu à plusieurs actions syndicales, notamment deux arrêts de travail en 2024 et en avril 2025.
À la suite de ces mouvements, un processus de discussions et d’expertise avait été engagé avec les autorités. Un chronogramme de travail avait notamment été établi afin d’examiner la question de la prime.
L’intersyndicale affirme que les conclusions des travaux ont été transmises aux autorités compétentes. Elle dit également avoir adressé plusieurs demandes d’audience et de renseignements, restées, selon elle, sans réponse concrète.
Pour les responsables syndicaux, l’absence d’avancée sur ce dossier constitue désormais un motif de préoccupation à l’approche de la nouvelle année scolaire.
La liberté syndicale également au cœur des revendications
Outre la prime d’incitation, l’IS-MENA/METFPA dénonce ce qu’elle considère comme des atteintes à la liberté syndicale. L’organisation avait notamment contesté plusieurs décisions de mutation et mesures administratives visant des syndicalistes.
L’intersyndicale a toutefois salué la régularisation administrative d’une quarantaine de syndicalistes concernés par ces mesures. Elle a rendu hommage au ministre de l’Éducation nationale pour cette évolution, tout en estimant que l’exercice d’une responsabilité syndicale ne devrait pas constituer un motif de sanction administrative.
David Bli Blé a également insisté sur les démarches entreprises par les organisations syndicales pour privilégier le dialogue avec les autorités. Selon lui, l’intersyndicale a participé aux différentes rencontres, accepté les cadres de discussion et contribué aux travaux techniques destinés à trouver des solutions aux revendications des personnels.
Mais, estime-t-elle, ces efforts n’ont pas encore permis d’obtenir une réponse concrète sur la prime d’incitation.
L’appel à la reprise du combat
Face à cette situation, l’IS-MENA/METFPA estime qu’une nouvelle étape doit désormais s’ouvrir. « La patience des travailleurs a des limites », a fait valoir son porte-parole, annonçant que les militants et l’ensemble des personnels du secteur éducation-formation doivent se tenir prêts à une reprise du combat syndical.
L’intersyndicale précise que cette éventuelle mobilisation entend s’inscrire dans le respect de la législation en vigueur et des principes encadrant l’action syndicale. Elle appelle néanmoins ses militants à rester « mobilisés, vigilants, disciplinés et solidaires », tout en invitant les autorités à reprendre rapidement les discussions.
Trois jours après la rentrée scolaire 2026-2027, la prime d’incitation est ainsi présentée par l’intersyndicale comme sa « priorité absolue ». Elle réclame des réponses concrètes et prévient que le dossier restera au centre de son action syndicale.
L’IS-MENA/METFPA dit souhaiter une école apaisée, des personnels respectés et une liberté syndicale garantie. Mais en l’absence d’avancées, la perspective d’une reprise de la mobilisation syndicale pourrait peser sur le climat de l’année scolaire.
Maxime KOUADIO








