Dans une publication diffusée ce dimanche 30 août 2026, Mamadou Traoré, conseiller politique de Guillaume Soro, revient sur les appels à un retour de l’ancien président de l’Assemblée nationale en Côte d’Ivoire. Il revient sur les circonstances qui ont entouré les rapports des deux responsables politiques avec la justice ivoirienne et estime que la situation judiciaire de son leader ne peut être comparée à celle de Charles Blé Goudé au moment où Soro lui recommandait de rentrer au pays. Au cœur du débat : les appels lancés à Guillaume Soro pour qu’il rentre en Côte d’Ivoire afin de répondre à la justice, comme il l’avait lui-même conseillé à Charles Blé Goudé plusieurs années auparavant.
Selon Mamadou Traoré, la situation de Charles Blé Goudé, au moment où Guillaume Soro lui recommandait de rentrer en Côte d’Ivoire, était différente. Il affirme que l’ancien leader des « Jeunes Patriotes » ne faisait alors l’objet ni de poursuites devant les juridictions ivoiriennes ni d’un mandat d’arrêt international. Dans cette lecture, son retour aurait pu lui permettre de comparaître devant la justice nationale, tout en bénéficiant, selon le conseiller politique de Soro, d’une protection administrative susceptible d’éviter son transfert devant la Cour pénale internationale (CPI).
Le conseiller politique rappelle que Guillaume Soro avait pris l’avion en direction d’Abidjan le 23 décembre 2019, alors que ses relations avec le pouvoir ivoirien étaient déjà fortement dégradées. Selon son récit, l’ancien Premier ministre connaissait l’existence d’une procédure judiciaire susceptible de le viser. Il affirme néanmoins que Soro avait décidé de maintenir son retour, malgré des conditions qui lui auraient été posées par le pouvoir, notamment le renoncement à son retour à cette date et à sa candidature à l’élection présidentielle de 2020. Mais, son avion n’atterrira finalement pas à Abidjan. Mamadou Traoré soutient que le dispositif sécuritaire déployé autour de l’aéroport, dans un contexte de crainte d’une éventuelle insurrection, aurait empêché l’avion de se poser. Le pilote aurait alors dévié l’appareil vers le Ghana.
Cette version des faits constitue, selon lui, un élément essentiel pour comprendre la situation actuelle de Guillaume Soro. Pour Mamadou Traoré, la différence fondamentale se situe désormais dans le statut judiciaire de Guillaume Soro. Il rappelle que l’ancien chef rebelle a depuis été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité par contumace dans une affaire de tentative de coup d’État. Dès lors, estime-t-il, un retour en Côte d’Ivoire ne pourrait plus être assimilé à une simple démarche visant à « répondre devant la justice ». Il signifierait, selon son analyse, l’exécution d’une peine déjà prononcée. « Guillaume Soro n’a jamais demandé à Blé Goudé d’aller directement en prison, mais de se présenter devant les juges », soutient le conseiller politique. Et d’ajouter que, contrairement à la situation de Blé Goudé à l’époque, Soro, s’il rentrait aujourd’hui, ne se présenterait pas devant une juridiction pour être jugé, mais pour purger une peine déjà prononcée.
Mamadou Traoré défend également l’idée que l’exil de Guillaume Soro ne résulte pas d’une volonté de se soustraire à la justice, mais d’un enchaînement politique et judiciaire remontant à décembre 2019. « La vie d’exil de Guillaume Soro n’est pas un choix », affirme-t-il en substance, considérant que son retour au pays avait été empêché par les autorités de l’époque.
Maxime KOUADIO








