Dans une publication mise en ligne lundi, Konan Kouadio Siméon, dit KKS, président d’Initiatives pour la paix (IPP) et ancien candidat à la présidentielle de 2015, dresse un tableau particulièrement sombre de la situation en Côte d’Ivoire.
Entre insécurité, orpaillage clandestin, scandales à répétition et incendies de bus de la Sotra, il s’interroge sur la capacité de l’État à contenir les dérives qui traversent le pays. Pour KKS, la Côte d’Ivoire serait entrée dans « un cycle inédit et effrayant de déliquescence ».
L’ancien candidat à la présidentielle estime que les signes de fragilité se multiplient, notamment dans certaines gares routières et zones de l’intérieur du pays, où il dénonce l’influence de groupes qu’il associe aux « gnanbros » et aux « dozos ».
À cette situation sécuritaire, il ajoute les conséquences environnementales de l’orpaillage clandestin, évoquant des cours d’eau qui seraient contaminés au cyanure. Mais c’est surtout la succession de drames et de scandales qui nourrit son inquiétude.
Le responsable politique s’attarde notamment sur les incendies ayant touché des bus de la Société des transports abidjanais (Sotra). Selon son décompte, 87 véhicules auraient été détruits ou endommagés par le feu en l’espace de dix mois.KKS cite notamment l’incendie survenu au dépôt 5 de Koumassi, dans la nuit précédant sa publication, qui aurait touché 55 bus.
Il rappelle également les sinistres enregistrés à la gare de Koumassi, avec 13 bus concernés, ainsi qu’au dépôt 9 d’Abobo, où 19 véhicules auraient été touchés.Pour l’ancien candidat, cette succession d’incidents soulève une question centrale : « La Côte d’Ivoire est-elle devenue ingouvernable ? ».
Dans sa tribune, KKS dénonce ce qu’il considère comme un mécanisme devenu récurrent dans la gestion des crises. À chaque tragédie, écrit-il, l’indignation monte, les autorités annoncent une « enquête approfondie », avant qu’un nouveau scandale ne vienne éclipser le précédent.
L’ancien candidat à la présidentielle estime ainsi que le pays se serait installé dans « un rythme inédit : celui d’un pays à scandales répétitifs ».Il interpelle directement les autorités sur les responsabilités au sommet de l’État, évoquant tour à tour « une impuissance avouée », « un laxisme complice » ou encore « une incompétence caractérisée ».
Pour KKS, les désordres actuels pourraient constituer le « boomerang » de choix politiques anciens. Il affirme que les failles sécuritaires et l’indiscipline, que le pouvoir aurait pu selon lui « instrumentaliser ou ignorer », finiraient désormais par se retourner contre l’appareil d’État.
Sa conclusion se veut particulièrement sévère : « En pactisant hier avec les rentiers du désordre, l’on a semé les graines de l’anarchie d’aujourd’hui », écrit-il, avant de s’interroger sur un éventuel retour de bâton contre ceux qui auraient, selon lui, contribué à installer ces pratiques.
Maxime KOUADIO








