À l’occasion du 24e anniversaire du déclenchement de la rébellion du 19 septembre 2002, Touré Moussa, chargé de communication de Guillaume Soro, est revenu sur les circonstances qui, selon lui, ont conduit à cette crise armée en Côte d’Ivoire.
Dans une publication relayée sur la page Facebook de Guillaume Soro, Touré Moussa soutient que le 19 septembre 2002 ne constitue pas un événement isolé. « Le 19 septembre n’est pas tombé du ciel », affirme-t-il, estimant que cette date est l’aboutissement de plusieurs années de tensions politiques, sociales et identitaires.
Dans son récit, il remonte notamment à la période qui a suivi la disparition de Félix Houphouët-Boigny en 1993 et à l’arrivée au pouvoir d’Henri Konan Bédié. Il évoque la montée du concept d’« ivoirité » et les débats autour de l’identité ivoirienne, de la nationalité et de l’accès aux documents administratifs.
Selon lui, ces questions ont progressivement nourri un sentiment d’exclusion chez une partie de la population.
Touré Moussa s’appuie également sur des travaux consacrés aux jeunes ayant rejoint la rébellion. Il cite notamment une étude du chercheur Moussa Fofana sur les motivations de jeunes combattants du Nord.
Dans cette analyse, les questions liées à l’identité, à la nationalité et aux difficultés d’accès à certains documents sont présentées comme faisant partie des facteurs évoqués par plusieurs anciens combattants pour expliquer leur engagement.
Le responsable de la communication de Guillaume Soro revient par ailleurs sur les violences qui ont marqué la période précédant septembre 2002. Il cite notamment le rapport publié en 2001 par Human Rights Watch sur la situation politique et les violences en Côte d’Ivoire.
Ce document faisait état de nombreux cas de meurtres, de tortures, de détentions arbitraires, de disparitions et de violences sexuelles, notamment dans le contexte des violences électorales de 2000.
Pour Touré Moussa, ces événements constituent des éléments indispensables pour comprendre le contexte dans lequel intervient l’insurrection du 19 septembre 2002. Il conteste ainsi l’idée selon laquelle la rébellion serait apparue soudainement, sans précédents politiques ou sociaux.
Sur le plan historique, le 19 septembre 2002 correspond au déclenchement d’une insurrection armée contre le régime de Laurent Gbagbo. Les insurgés n’étant pas parvenus à prendre le contrôle d’Abidjan, les combats se sont ensuite déplacés vers le centre et le nord du pays, notamment à Bouaké, donnant progressivement naissance à une partition de fait du territoire ivoirien.
Vingt-quatre ans après les faits, Touré Moussa entend ainsi replacer cette date dans la longue séquence de crises politiques et identitaires qui ont marqué la Côte d’Ivoire depuis le début des années 1990. Son intervention s’inscrit dans le travail de documentation et de défense de la lecture historique de la crise porté par Guillaume Soro et son entourage.
Maxime KOUADIO








