Un campus flambant neuf, symbole d’un pari américain sur la jeunesse ivoirienne. La deuxième École Normale Supérieure (ENS) a ouvert ses portes à Bouaké. Une infrastructure moderne financée en grande partie par les États-Unis à travers le Millennium Challenge Corporation (MCC).
Lundi 14 septembre 2026, le gouvernement ivoirien a procédé à son inauguration puis profité de ce cadre pour la cérémonie officielle de la rentrée académique 2026-2027. Prenant part à cette cérémonie, la Directrice pays du Millenium Challenge Corporation (MCC) en Côte d’Ivoire, Sonia Shahrigian, présente la nouvelle ENS comme le symbole d’un partenariat plus solide que jamais entre son pays et la Côte d’Ivoire.
L’infrastructure s’inscrit dans un projet baptisé « Compétences pour l’Employabilité », doté d’un budget global de 200 millions de dollars américains, selon les précisions apportées par la Directrice pays du MCC au cours d’une interview exclusive accordée à Akwabanews.ci et Savannah FM, dans les locaux de l’American Space de Bouaké.
Les travaux et les équipements de l’ENS de Bouaké ont mobilisé environ 6 milliards de francs CFA. Objectif : soutenir la formation des enseignants qui, à leur tour, forment la jeunesse ivoirienne dans les écoles du pays.
Un investissement pensé pour préparer les enseignants de demain
Pour la représentante du MCC, ce financement n’a rien d’un geste isolé. Il répond à un objectif partagé par les deux pays : renforcer les liens économiques entre les États-Unis et la Côte d’Ivoire en misant sur la formation. Les futurs enseignants formés à l’ENS de Bouaké seront chargés, une fois déployés dans les établissements scolaires du pays, de préparer une jeunesse capable de répondre aux exigences du marché du travail et de contribuer à la croissance économique nationale.
Le choix de Bouaké pour porter ce projet n’est pas non plus anodin. Deuxième plus grande ville de Côte d’Ivoire, elle concentre, selon Sonia Shahrigian, un dynamisme et des opportunités que les États-Unis veulent accompagner. « Nous voyons ici, à Bouaké, le futur pôle économique de la Côte d’Ivoire », a-t-elle affirmé, évoquant une ville où elle avait déjà eu l’occasion de contribuer à la construction d’un collège de proximité et à l’appui de l’enseignement technique et professionnel.
L’American Space, un autre pilier de la coopération avec la jeunesse
Au-delà de l’ENS, la coopération américaine à Bouaké s’appuie depuis plus de dix ans sur l’American Space, ouvert en 2013. Cet espace propose gratuitement des cours d’anglais, des formations en entrepreneuriat, en intelligence artificielle et en réseaux informatiques. Selon la patronne du MCC en Côte d’Ivoire, plus de 1 200 programmes y ont été organisés depuis l’ouverture des ‘’American corner et space’’, touchant plus de 82 000 personnes.
L’American Space de Bouaké sert aussi de plateforme de renforcement des capacités pour les journalistes locaux, avec des intervenants qui viennent souvent des États-Unis. Elle indique par ailleurs que l’American Space dispose du matériel informatique et de la documentation nécessaire pour la formation et le renforcement de capacité des hommes des médias de la région et ses environs. « Chaque année, l’Ambassade américaine forme gratuitement des journalistes dans plusieurs villes de Côte d’Ivoire. En matière de nouvelles technologies, le gouvernement américain veut donner aux jeunes ivoiriens les outils pour transformer leur ingéniosité en projets concrets, notamment dans l’intelligence artificielle et l’entrepreneuriat numérique », a souligné la diplomate.
Sonia Shahrigian, profitant de l’occasion, a salué la motivation des populations de Bouaké pour le bien-être de la cité. « Je vois en Bouaké beaucoup de potentiel. C’est une ville où les gens sont très motivés pour aller de l’avant et pour poursuivre un meilleur avenir. On essaie de contribuer un tout petit peu. On essaie d’attirer le secteur privé ivoirien et américain pour pouvoir nourrir la bonne volonté qu’on trouve ici », a-t-elle indiqué.
Se prononçant sur la rentrée scolaire, elle a adressé ses vœux de réussite aux élèves, aux étudiants et aux familles qui prennent, en cette période, le chemin de l’école.
Les Etats Unis et la Côte d’Ivoire misent ainsi sur ce compact pour rebattre les cartes de la formation des enseignants.
François M’BRA II, Correspondant régional








