Un atelier consacré à la validation du projet de Rapport d’évaluation 2024 des activités de prévention et de lutte contre la corruption et les infractions assimilées en Côte d’Ivoire est ouvert par la Haute Autorité pour la Bonne Gouvernance (Habg) ce lundi 31 août 2026 à Grand-Bassam.
Prévus sur trois jours, les travaux réunissent des représentants des institutions publiques, des ministères, du secteur privé et de la société civile. L’atelier, initié par la Habg vise à examiner et valider le projet de rapport portant sur les activités menées au cours de l’année 2024.
À la cérémonie d’ouverture, le président de la Habg était représenté par Yao Daniel, membre du Conseil de l’institution. Dans son intervention, il a rappelé que l’élaboration de ce rapport s’inscrit dans les missions légales de l’institution. L’ordonnance n°2013-661 du 20 septembre 2013, a-t-il souligné, prévoit notamment, en son article 6, la transmission annuelle au président de la République d’un rapport d’évaluation des activités de prévention et de lutte contre la corruption. Ces assises interviennent également dans le cadre de la Stratégie nationale de lutte contre la corruption 2024-2028, adoptée le 12 juin 2024 et présentée comme le nouveau cadre de référence de l’action nationale dans ce domaine.
Le projet de rapport fait ressortir plusieurs évolutions favorables en 2024. Sur le plan international, le score de la Côte d’Ivoire à l’Indice de perception de la corruption (IPC) de Transparency International est passé de 40 points sur 100 en 2023 à 45 points en 2024.
Des progrès ont également été relevés au niveau d’autres indicateurs, notamment ceux du Millennium Challenge Corporation (MCC), de l’évaluation des politiques et institutions nationales (CPIA) et des Indicateurs mondiaux de gouvernance de la Banque mondiale.
Dans le domaine de la prévention, le taux de déclaration de patrimoine est passé à 90,99 % en 2024, contre 83,03 % l’année précédente. Le rapport relève par ailleurs la digitalisation de 256 services publics ainsi que le déploiement de la signature électronique dans plusieurs administrations.
Sur le plan de la gouvernance financière, 5 510 marchés publics ont été approuvés en 2024, pour un montant cumulé de 1 403 milliards de FCFA. Ces activités se sont déroulées dans un contexte marqué par le renforcement des mécanismes d’audit et de contrôle. Pour ce qui est du volet répressif, la HABG indique avoir traité 902 plaintes et dénonciations au cours de l’année 2024. Ces données s’inscrivent dans un dispositif national qui mobilise également plusieurs autres structures spécialisées.
Malgré les avancées enregistrées, le représentant du président de la Habg a relevé plusieurs difficultés susceptibles de limiter l’efficacité de la lutte contre la corruption. Il a notamment cité la coordination entre les institutions, la protection des lanceurs d’alerte, la poursuite de la digitalisation des procédures, le renforcement des compétences spécialisées et la nécessité d’assurer un financement durable de la Stratégie nationale de lutte contre la corruption qui est une véritable gangrène.
Philom!ne Aquouamah








