La lutte contre l’orpaillage clandestin monte d’un cran en Côte d’Ivoire. Jeudi, le Groupement spécial de lutte contre l’orpaillage illégal (GS-LOI) a déployé ses unités dans plusieurs zones du pays, de manière coordonnée. Les interventions ont notamment concerné les régions du Béré, du Gontougo, du N’Zi, du Worodougou, du Hambol, du Gôh, de l’Indénié-Djuablin, du Poro, de l’Iffou, de la Nawa, du Moronou et du Sud-Comoé.
Cette structure opérationnelle associe la Brigade spéciale de surveillance et d’intervention (BSSI) du ministère des Eaux et Forêts, la Gendarmerie nationale ainsi que le ministère des Mines. Sa mission consiste à démanteler les réseaux et installations impliqués dans l’exploitation aurifère en dehors du cadre légal.
Les opérations du 27 août ont abouti à 16 interpellations, selon le bilan provisoire communiqué par les autorités. Les forces engagées ont également neutralisé un important dispositif destiné à l’extraction et au traitement clandestins du minerai.
Au total, 70 dragues, 65 concasseurs et 52 motopompes ont été détruits. Quinze laveries et 88 abris de fortune ont également été démantelés. Les agents ont par ailleurs saisi puis détruit 121 barils et 127 bassines, tandis que plusieurs centaines de mètres de tuyaux et de raccords utilisés sur les sites ont été neutralisés.
Le matériel lourd n’a pas échappé aux opérations. Une pelleteuse et un porte-char, ainsi que des motocyclettes, des motopompes et d’autres équipements liés aux activités interdites, ont été saisis.
L’intervention a également permis de mettre la main sur plusieurs substances et produits potentiellement dangereux. Les forces ont notamment découvert 2,25 grammes de minerais présumés aurifères et 3,33 grammes de mercure. Un sac présenté comme pouvant contenir du cyanure de sodium a également été saisi.
Au-delà de la lutte contre les activités clandestines, les autorités ivoiriennes mettent en avant les conséquences environnementales de l’orpaillage illégal. La destruction des habitats naturels, la dégradation des sols et la pollution des cours d’eau figurent parmi les principales préoccupations des pouvoirs publics.
Les faits ont été portés à la connaissance du Procureur de la République près le Pôle pénal économique et financier, afin que les responsabilités soient déterminées conformément à la législation en vigueur.
Pour le ministère des Eaux et Forêts, la stratégie demeure inchangée : protéger les ressources naturelles et empêcher que les forêts, les sols et les cours d’eau ne paient le prix de l’exploitation illégale de l’or. Les opérations de traque et de démantèlement doivent se poursuivre dans les différentes régions du pays.
Maxime KOUADIO








