Danièle Boni-Claverie, présidente de l’Union Républicaine pour la Démocratie (URD), a, à travers un communiqué dont akwabanews.ci a eu copie, réagi à l’arrestation de Koné Katinan, 4e vice-président du PPA-CI, ce lundi 14 septembre 2026. Voici l’intégralité dudit communiqué :
« Nous avons appris avec consternation mais sans surprise réelle l’arrestation de M. Koné Katinan, 4ème Vice-Pdt du PPA-CI, intervenue sous le couvert d’accusations que nous jugeons infondées. J’ai souvenir d’être passée aux Assises sous le couvert d’accusations plus farfelues les unes que les autres et n’avoir été condamnée que pour des « troubles à l’ordre public » !
Cette arrestation nourrit notre inquiétude, nous qui sommes attachés à l’État de droit, aux libertés publiques, à la démocratie, à la cohésion sociale et à la paix dans notre pays. Je m’exprime aujourd’hui avec gravité mais aussi avec une colère retenue, la colère d’une citoyenne, d’une responsable politique et surtout d’une Ivoirienne qui refuse l’inacceptable.
Trop, c’est trop ! La confrontation systématique prend le pas sur le débat politique. Toutes voies dissidentes ou suspectées sont poursuivies, réduites au silence au lieu d’être entendues, sans le respect des règles républicaines. Être dans l’opposition n’est tout de même pas un crime, et ceux qui nous gouvernent aujourd’hui en savent quelque chose. La liberté d’expression n’est pas un privilège accordé à ceux qui dirigent. Et la compétition politique ne doit jamais devenir un prétexte pour intimider ou neutraliser ceux qui ne pensent pas comme le pouvoir.
Lorsqu’un responsable politique s’inquiète et j’étends cela à tout le corps social et aux religieux en particulier c’est la crédibilité de nos institutions qui est en jeu, et notamment notre système judiciaire, qui devrait pouvoir travailler en toute indépendance, hors de toute pression politique. Il faut que le pouvoir prenne en compte une donne qui semble lui échapper : les Ivoiriens sont fatigués. Ils commencent à parler et à murmurer. Ils sont fatigués de l’ensemble de la classe politique, des tensions politiques permanentes.
Ils sont fatigués de voir la politique devenir un espace où la suspicion, la menace et la répression prennent le pas sur le dialogue que les héritiers d’Houphouët-Boigny devraient pouvoir privilégier. Ils sont fatigués d’avoir peur, d’être obligés de se taire. Mais la recherche de la paix, l’affirmation de la stabilité politique n’autorisent pas le pouvoir à croire que cela lui permet de tout faire et de tout faire accepter à tout le monde.
Le respect des institutions ne signifie pas que les citoyens doivent renoncer à leur droit de questionner l’action du pouvoir. Je le dis avec franchise : le pouvoir doit entendre le malaise qui gronde et couve dans le pays.
L’orpaillage clandestin, une catastrophe nationale, la vie de plus en plus chère, le renchérissement des prix de première nécessité, le prix à 1200 F du cacao qui attise la colère de nos paysans, les déguerpissements inhumains. »
NB : le titre est de la Rédaction








