À l’occasion d’une rencontre de l’opposition organisée jeudi 22 octobre au siège du FPI, à Abidjan, Pascal Affi N’Guessan a plaidé pour une plus grande implication des citoyens dans la vie démocratique. Le président du Front populaire ivoirien estime que la vigilance populaire est indispensable pour prévenir les dérives politiques et garantir la crédibilité du processus électoral.
La démocratie ne saurait être l’affaire des seuls partis politiques. C’est le message défendu par Pascal Affi N’Guessan lors de la conférence de presse de l’opposition tenue jeudi 22 octobre 2026 au siège du Front populaire ivoirien (FPI), à Abidjan. Aux côtés de Simone Ehivet Gbagbo, présidente du Mouvement des générations capables (MGC), et d’Assalé Tiémoko, président de l’Alliance pour la démocratie et la citoyenneté (ADCI), le responsable politique a appelé les Ivoiriens à s’approprier davantage le processus démocratique.
Pour le président du FPI, l’avenir institutionnel du pays dépend aussi de la capacité des citoyens à s’impliquer dans la défense des principes républicains. « Le meilleur gardien de la démocratie, c’est le peuple lui-même, et pas les partis », a-t-il affirmé, estimant qu’une population attentive aux pratiques de ses dirigeants peut contribuer à limiter les abus.
La vigilance citoyenne contre les dérives politiques
Pour illustrer son propos, Pascal Affi N’Guessan a établi une comparaison avec la France, où, selon lui, la pression de l’opinion publique constitue un frein aux pratiques abusives de certains responsables politiques. Il a notamment évoqué l’utilisation des véhicules administratifs et des ressources publiques à des fins de campagne électorale.
À ses yeux, la vigilance des citoyens et leur attachement aux valeurs républicaines peuvent contribuer à empêcher de tels comportements, au-delà du seul rôle de la justice. Le dirigeant du FPI a également déploré ce qu’il considère comme une banalisation de certaines pratiques en Côte d’Ivoire. Il a notamment pointé le manque de réactions face à des actes qu’il juge contraires à l’éthique publique, regrettant que certains acteurs, notamment dans les médias, ne manifestent pas toujours leur désapprobation.
« Quand un ministre, un homme politique qui a une fonction étatique pose un acte illicite, c’est la réprobation générale qui l’amène même à démissionner », a-t-il déclaré en évoquant le poids de la pression sociale dans la responsabilisation des dirigeants.
Les dons des responsables publics dans le viseur
Pascal Affi N’Guessan a aussi soulevé la question des dons effectués par des personnalités politiques lors de manifestations publiques ou au bénéfice de communautés. Il s’est interrogé sur la capacité de certains responsables à financer, sur leurs ressources personnelles, des contributions importantes, citant notamment des dons de 20 millions de francs CFA, des ambulances ou encore des véhicules tout-terrain offerts à des autorités locales ou traditionnelles.
Sans avancer d’éléments permettant d’établir l’origine des fonds évoqués dans ces exemples, il a estimé que ces pratiques méritaient davantage de vigilance de la part des citoyens. Selon lui, l’absence de réaction collective risque de favoriser la persistance de comportements préjudiciables à l’intérêt général.
La réforme électorale ne peut être l’affaire du seul pouvoir
Cette exigence de participation citoyenne prend une dimension particulière dans le débat sur la réforme du système électoral. Alors que l’opposition réclame l’ouverture d’un dialogue politique sur le remplacement de la Commission électorale indépendante (CEI), le président du FPI a rappelé que la désignation des dirigeants du pays engage l’ensemble de la nation.
La mise en place d’un nouvel organe électoral, chargé de structurer le mécanisme de désignation des responsables publics et de contribuer à leur légitimité, ne peut, selon lui, relever de la seule initiative du gouvernement ou d’un seul camp politique.
Pour Pascal Affi N’Guessan, l’appropriation du processus démocratique par les citoyens constitue donc un enjeu majeur. Elle doit permettre, selon sa lui, de renforcer la responsabilité des acteurs politiques et de consolider la confiance dans les institutions.
Maxime KOUADIO








