Ancien compagnon de lutte de Guillaume Soro à la Fesci et ex-deuxième secrétaire adjoint de la défunte Commission électorale indépendante (CEI), Doumbia Major s’en est pris, mercredi, à Laurent Gbagbo et à son parti, le PPA-CI. Au cœur de sa sortie : le montant de 3,5 millions de francs CFA que l’ancien chef de l’État percevrait chaque mois au titre de sa rente.
Dans une publication diffusée mercredi, Doumbia Major a directement interpellé Laurent Gbagbo sur le montant de la rente viagère qui lui serait versée mensuellement par l’État ivoirien. « Les Ivoiriens veulent savoir c’est laquelle des maisons de Gbagbo dont la location lui coûte la somme de 3,5 millions par mois qu’il reçoit chaque mois et payée par nos impôts ? », écrit-il.
Pour l’ancien responsable de la Fesci, cette situation soulève une question de justice sociale, alors que de nombreux Ivoiriens sont confrontés à des difficultés économiques. Il dénonce notamment l’utilisation de ressources publiques au profit d’une personnalité politique qui, selon lui, ne disposerait plus d’une activité professionnelle génératrice de revenus. « Donc nous souffrons, nous payons des impôts et cet argent est utilisé pour l’offrir à quelqu’un qui ne travaille pas et qui vit sur notre dos et du fruit de nos efforts », affirme Doumbia Major.
Le PPA-CI également pris pour cible
Dans sa publication, l’ancien responsable de la CEI ne limite pas ses critiques à Laurent Gbagbo. Il met également en cause le positionnement politique du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI), formation dirigée par l’ancien président. Doumbia Major estime que le discours socialiste revendiqué par le parti entre en contradiction avec le bénéfice, par son dirigeant, d’une rente financée par les ressources publiques. « Et le parti politique de ce monsieur va venir s’arrêter devant nous pour nous dire qu’il est socialiste, qu’ils luttent pour le peuple et qu’ils se battent pour une redistribution équitable des richesses collectives », poursuit-il.
Il pousse ensuite son raisonnement plus loin, dénonçant ce qu’il considère comme une contradiction entre les principes défendus par Laurent Gbagbo et les avantages dont celui-ci bénéficierait. « Un socialiste particulier, qui attend que les autres produisent de la richesse, et lui, il en profite sans travailler, sans se soucier de la misère et de la souffrance de ses propres compatriotes », écrit-il.
Doumbia Major appelle Gbagbo à renoncer à cette rente
Au terme de sa publication, Doumbia Major invite l’ancien chef de l’État à renoncer publiquement à ce qu’il qualifie de « rente viagère exorbitante ». « Je crois que pour rester en cohérence avec lui-même, Gbagbo devrait renoncer publiquement à cette rente viagère exorbitante », estime-t-il. Selon lui, le maintien de cet avantage porterait atteinte à l’image politique de l’ancien président et créerait une contradiction avec le discours social porté par son camp.
Cette sortie intervient alors que la figure de Laurent Gbagbo demeure au centre de la vie politique ivoirienne et que le PPA-CI continue de défendre son positionnement en faveur des couches populaires et d’une redistribution plus équitable des richesses. Les propos de Doumbia Major constituent ainsi une nouvelle offensive contre l’ancien président, dont le parcours politique reste marqué par son passage à la tête de la Côte d’Ivoire et par son retour au premier plan de la scène politique nationale.
Maxime KOUADIO








