La députée-maire RHDP de Gohitafla, Naya Jarvis Zamblé, appelle à repenser l’ouverture économique de la Côte d’Ivoire et à accorder davantage de place aux petits entrepreneurs ivoiriens. Une prise de position formulée après la décision du président kényan William Ruto de renforcer la protection des petits commerçants face à la concurrence étrangère.
Dans une publication diffusée ce vendredi, Naya Jarvis Zamblé, députée-maire RHDP de Gohitafla, s’est félicitée de la décision du président kényan William Ruto de prendre des mesures destinées à protéger les petits commerçants et les acteurs du commerce ambulant kényans.
Pour l’élue, cette décision pose une question que la Côte d’Ivoire doit également accepter d’examiner. « Nous sommes un pays hospitalier, ouvert sur le monde et favorable aux investissements étrangers », rappelle-t-elle, tout en soulignant l’ouverture particulière dont fait preuve le pays à l’égard des ressortissants étrangers.
Membre de la CEDEAO, la Côte d’Ivoire a historiquement maintenu une politique d’ouverture à l’égard des ressortissants de l’espace communautaire. Mais Naya Jarvis Zamblé estime que cette ouverture doit désormais être réinterrogée lorsqu’elle se traduit par une pression accrue sur les petits acteurs économiques ivoiriens.
Dans son message, la parlementaire prend soin de distinguer la protection des intérêts économiques nationaux d’une politique de fermeture. « La question n’est pas de rejeter les étrangers », écrit-elle, mais plutôt de déterminer « jusqu’où doit aller notre ouverture lorsqu’elle finit par fragiliser ceux qui vivent et entreprennent ici ».
Elle cite notamment la concurrence exercée dans certains segments du commerce de proximité. La députée évoque le cas de vêtements importés et vendus à environ 2 000 francs CFA, à des conditions auxquelles, selon elle, les petits entrepreneurs ivoiriens peinent parfois à faire face.
Pour Naya Jarvis Zamblé, les petits commerces, le commerce ambulant, les activités de proximité et certains secteurs nécessitant peu de capitaux devraient bénéficier d’un accès prioritaire pour les Ivoiriens.
L’élue du RHDP défend parallèlement le maintien d’une ouverture aux investissements étrangers dans les secteurs susceptibles de générer davantage de valeur et d’emplois. Elle plaide ainsi pour une distinction entre les grands investissements et les activités de proximité.
« Nous devons pouvoir accueillir les investisseurs étrangers, encourager les industries, les grands projets et les entreprises qui créent des emplois et de la valeur. Mais pour les petits commerces, l’Ivoirien doit être prioritaire », affirme-t-elle.
Cette position s’inscrit, selon elle, dans une logique de soutien aux jeunes, aux commerçants, aux artisans et aux entrepreneurs ivoiriens, auxquels elle souhaite voir offrir davantage de possibilités de développer leurs activités sur le marché national.
Tout en réaffirmant son attachement à l’ouverture du pays, Naya Jarvis Zamblé appelle à trouver un nouvel équilibre entre hospitalité, attractivité économique et protection des petits opérateurs ivoiriens.
La députée termine son message par une formule qui résume son plaidoyer : « Protéger l’Ivoirien ne signifie pas être contre l’étranger. » Et de marteler son mot d’ordre : « Ivoirien d’abord. »
Maxime KOUADIO








