Le Conseil national de sécurité (CNS) veut renforcer la réponse de l’État face à l’orpaillage illégal en Côte d’Ivoire. Réuni ce jeudi 17 septembre 2026 au Palais de la Présidence de la République, sous la présidence d’Alassane Ouattara, le CNS a adopté plusieurs mesures destinées à intensifier la lutte contre ce phénomène et à accélérer la restauration des sites dégradés.
Cette nouvelle stratégie intervient après un atelier national de concertation et d’harmonisation des mécanismes de lutte contre l’orpaillage illégal, organisé les 4 et 5 septembre à Yamoussoukro. Le CNS a indiqué avoir approuvé, à l’issue de cette rencontre, plusieurs mesures prioritaires venant compléter les décisions prises lors de sa réunion du 23 juillet dernier.Un délai de six mois pour les préfets.
Le Conseil s’est notamment félicité de « l’engagement résolu » des préfets de région à éradiquer durablement l’orpaillage illégal dans leurs circonscriptions administratives, dans un délai de six mois. Pour atteindre cet objectif, l’accent sera mis sur une mobilisation accrue du renseignement territorial, une meilleure coordination des forces compétentes et un suivi plus rigoureux des opérations menées sur le terrain.
Le dispositif prévoit également un renforcement des capacités opérationnelles des Forces de défense et de sécurité locales ainsi qu’une augmentation substantielle du nombre de brigades opérationnelles du Groupement spécial de lutte contre l’orpaillage illégal.21 pelotons pour surveiller les fleuvesLa surveillance des cours d’eau constitue également l’un des axes de cette nouvelle stratégie.
Le CNS a décidé de créer 21 pelotons de sécurité fluviale chargés d’assurer le contrôle permanent des quatre grands fleuves du pays et de leurs affluents.Cette mesure vise notamment à renforcer la présence des forces de sécurité sur les zones fluviales susceptibles d’être exploitées par les orpailleurs clandestins.Le gouvernement prévoit par ailleurs de durcir le cadre répressif.
Une nouvelle loi devrait prochainement aggraver les peines sanctionnant les infractions liées à l’orpaillage illégal. La participation indirecte ainsi que la complicité logistique ou financière devraient, elles aussi, être désormais considérées comme des infractions autonomes.
Restaurer les sites dégradés
La lutte contre l’orpaillage illégal ne se limitera pas au volet sécuritaire et judiciaire. Le CNS prévoit également des mesures de réhabilitation écologique et de réinsertion économique.Les sites dégradés devront être restaurés à travers des programmes de Travaux à Haute Intensité de Main-d’Œuvre (THIMO), avec l’implication du Génie militaire. En parallèle, les orpailleurs illégaux nationaux devront être accompagnés vers des activités génératrices de revenus afin de favoriser leur réinsertion économique.
Autre décision annoncée : un moratoire de six mois sur la délivrance des autorisations d’exploitation minière semi-industrielle et artisanale.Une opération sécuritaire aux résultats jugés encourageantsLa question de l’orpaillage illégal a été examinée parallèlement au bilan de l’opération « Épervier Spécial », lancée le 7 septembre pour une durée de 90 jours à Bouaké, Daloa et Korhogo.Mobilisant 1 320 policiers et gendarmes, cette opération vise notamment le démantèlement des réseaux de médicaments de qualité inférieure et falsifiés (MQIF), la lutte contre le trafic de drogue et la répression de l’incivisme routier.
Entre le 7 et le 16 septembre, les forces engagées ont annoncé la destruction et la non-recolonisation de 56 fumoirs, la saisie de près de 183 tonnes de MQIF et de médicaments détournés, ainsi que l’immobilisation de plus de 3 500 engins.
Au total, 196 individus ont été interpellés et conduits devant les parquets, tandis que 180 enfants en conflit avec la loi ont été pris en charge par les structures compétentes.
Le CNS a par ailleurs relevé une autre source de préoccupation : les accidents de la circulation. Leur nombre est passé de 1 549 en juillet à 1 657 en août 2026, soit une progression d’environ 7 %.
À travers ces différentes décisions, le Conseil national de sécurité entend ainsi renforcer simultanément la prévention, la répression et la restauration des zones affectées par l’orpaillage illégal, avec un objectif fixé à six mois pour les préfets de région
Maxime KOUADIO







