Les procédures visant plusieurs responsables du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI) se succèdent depuis plusieurs jours. Face à cette situation, la formation de Laurent Gbagbo dénonce des actes qu’elle juge contraires aux principes démocratiques et réclame la libération des détenus politiques ainsi que la reprise du dialogue avec le pouvoir.
Le climat se tend autour du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI). Les convocations judiciaires visant plusieurs de ses responsables, auxquelles s’ajoute le placement sous contrôle judiciaire de Sébastien Dano Djédjé, ont conduit la formation politique à interpeller publiquement les autorités ivoiriennes.
Ce Jeudi 15 octobre 2026, lors d’un point de presse organisé à Abidjan-Cocody, le président exécutif du parti, Léon Emmanuel Monnet, a présenté la position de la direction. Dans sa déclaration, le PPA-CI dénonce une succession de procédures qu’il considère comme des actes « anti-démocratiques et anti-républicains ».
Le parti demande leur arrêt immédiat et exige la libération sans condition de toutes les personnes qu’il considère comme des détenus politiques. Selon lui, ces événements risquent de fragiliser davantage la cohésion sociale et de compromettre les efforts de réconciliation nationale.
Cinq cadres convoqués, après le cas Dano Djédjé
La dernière série de convocations concerne cinq responsables du PPA-CI. D’après la déclaration du parti, les courriers ont été déposés le 14 octobre au siège de la formation politique. Daniel Billaud Zéréhoué, Emmanuel Ackah, Koua Justin Banouakou, Dahi Nestor Douhouré et Fabrice Lago sont invités à se présenter devant le huitième cabinet entre le 15 et le 23 octobre.
Cette nouvelle séquence judiciaire intervient quelques jours après le passage de Sébastien Dano Djédjé devant la section antiterroriste du Tribunal de première instance d’Abidjan. Le 12 octobre, le responsable du Conseil stratégique et politique du PPA-CI a été inculpé pour 17 chefs d’accusation et placé sous contrôle judiciaire, sans être incarcéré.La direction du parti attire également l’attention sur les situations de Koua Justin Banouakou et de Dahi Nestor Douhouré.
Le premier serait déjà soumis à un contrôle judiciaire, tandis que le second est détenu. Le PPA-CI affirme que les deux hommes sont poursuivis pour les mêmes chefs d’accusation.
Pour la formation de Laurent Gbagbo, l’enchaînement de ces procédures soulève des interrogations sur le traitement judiciaire réservé à ses responsables.
Le parti avance le chiffre de 1 600 détenus
Au-delà de ses propres cadres, le PPA-CI élargit ses critiques à la situation des personnes arrêtées depuis la présidentielle d’octobre 2025. Il affirme que plus de 1 600 personnes ont été incarcérées au cours de cette période. Cinq détenus seraient morts en prison, sans que les causes de leur décès aient été établies, selon le parti, qui indique également que la majorité des personnes concernées se trouverait en détention préventive.
Parmi les personnalités qu’il cite figurent Justin Koné Katinan, Damana Adia Pickass, Boubacar Koné, Charles Rodel Dosso, Dahi Nestor Douhouré, Joël Kéké et Ny Blaise Lasm. Leurs situations judiciaires diffèrent, certains étant incarcérés et d’autres faisant l’objet de procédures.
Le parti conteste par ailleurs la prise en compte, dans certaines procédures, de la loi du 16 juin 2005 relative au statut des anciens présidents de la République, des anciens chefs ou présidents d’institutions nationales et des anciens membres du gouvernement. Il estime que ce texte doit être considéré lorsque les procédures concernent des personnalités ayant exercé de hautes fonctions au sein de l’État.
Le PPA-CI remet le dialogue politique sur la table
Face à cette succession d’événements, le parti de Laurent Gbagbo plaide pour une reprise des discussions entre le gouvernement et les acteurs politiques. Il présente le dialogue inclusif comme un moyen de sortir des crises qui, selon lui, entravent depuis trois décennies les efforts de décrispation et de réconciliation en Côte d’Ivoire.
Cette revendication intervient alors que la question de la réforme du système électoral et des conditions d’un dialogue entre le pouvoir et l’opposition occupe une place importante dans le débat politique national.
Le PPA-CI appelle ses militants et sympathisants à garder leur calme et à rester attentifs aux orientations de Laurent Gbagbo. La formation réaffirme enfin sa volonté de voir émerger une Côte d’Ivoire démocratique, souveraine et prospère.
Reste que la multiplication des convocations visant ses responsables et les critiques formulées par le parti replacent les relations entre le pouvoir et l’opposition au centre des préoccupations politiques, avec en toile de fond la question de l’apaisement et de la réconciliation nationale.
M.K








