La question de l’orpaillage illégal a été au cœur de la Tribune du PPA-CI animée, ce jeudi à Abidjan-Cocody, par Koné Katinan, 4ᵉ vice-président du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI). Dans son exposé consacré à « l’orpaillage en Côte d’Ivoire : de la clandestinité à l’illégalité », le responsable politique a mis en cause la responsabilité du RHDP dans l’essor du phénomène.
S’appuyant sur des données et plusieurs travaux consacrés à l’exploitation artisanale de l’or, Koné Katinan a relevé que l’orpaillage illégal touche, selon les chiffres du gouvernement cités lors de cette rencontre, 29 régions sur 31. Il a estimé que cette situation ne pouvait être considérée comme un phénomène récent ou spontané.
Le vice-président du PPA-CI a notamment évoqué plusieurs alertes lancées au fil des années, dont un rapport de la Commission nationale des droits de l’homme publié en 2022 ainsi que des enquêtes journalistiques réalisées auparavant dans différentes régions du pays.
Dans son analyse, Koné Katinan a établi un lien entre l’apparition de l’orpaillage clandestin dans le nord du pays pendant la crise de 2002 et sa généralisation après l’accession au pouvoir du RHDP. Il s’est appuyé sur plusieurs travaux de recherche et rapports internationaux faisant état, durant la période de crise, d’activités de contrebande portant notamment sur l’or et d’autres ressources minières dans les zones contrôlées par les Forces nouvelles.
Selon l’analyse présentée par le PPA-CI, l’économie aurifère développée dans ces territoires aurait progressivement évolué après 2011, jusqu’à s’étendre à d’autres régions ivoiriennes.
Koné Katinan a également inscrit l’orpaillage illégal dans une lecture plus large du modèle économique et social ivoirien. Il a dénoncé une économie qu’il considère fortement orientée vers la consommation et l’importation, alors qu’une partie importante de la population demeure confrontée à des revenus faibles ou irréguliers et à un accès limité aux services financiers.
Pour le responsable du PPA-CI, cette situation favoriserait la recherche de revenus rapides et contribuerait à l’essor de plusieurs activités informelles ou illégales. Il a notamment cité la corruption, le blanchiment de capitaux, le trafic de drogue, la prostitution et l’orpaillage clandestin comme autant de phénomènes qu’il considère liés aux déséquilibres du système économique.
Le conférencier a également évoqué les difficultés d’accès au crédit et à l’assurance ainsi que le niveau encore limité de bancarisation. Selon lui, l’absence de mécanismes financiers accessibles à une large partie de la population renforce la dépendance à l’argent liquide et aux activités procurant des revenus immédiats.
Dans cette perspective, le PPA-CI considère que l’orpaillage illégal ne peut être traité uniquement comme une question sécuritaire. Le parti estime que la lutte contre le phénomène doit également prendre en compte ses dimensions économiques, sociales, environnementales et financières.
Koné Katinan a par ailleurs critiqué les opérations menées par les autorités contre les sites d’orpaillage clandestin, qu’il juge insuffisantes pour régler durablement le problème. Il a estimé que les destructions de sites et les interpellations ne pouvaient constituer, à elles seules, une réponse à un phénomène qui s’est progressivement enraciné dans plusieurs régions du pays.
Le PPA-CI a enfin présenté cette question comme un enjeu de gouvernance et appelé à une réponse plus globale contre l’orpaillage illégal, le blanchiment de capitaux et les autres activités qui gravitent autour de l’exploitation clandestine des ressources minières.
Sékou N’DIAYE








