Le débat sur l’orpaillage en Côte d’Ivoire prend une nouvelle tournure. Dans une publication diffusée ce mercredi, Konan Kouadio Siméon dit « KKS », ancien candidat à l’élection présidentielle et président d’Initiatives Pour La Paix (IPP), s’en prend à la distinction opérée entre orpaillage « légal » et orpaillage clandestin.
Pour KKS, cette distinction serait avant tout administrative et ne permettrait pas de rendre compte des dégâts environnementaux et humains provoqués par l’exploitation aurifère. Il estime que la question ne devrait pas être abordée sous le seul angle de la détention d’une autorisation, mais à partir du respect effectif des normes environnementales. « En l’état actuel des résultats sur le terrain, l’intégralité de l’orpaillage est illégale », écrit-il.
L’ancien candidat considère comme légal un orpaillage qui respecte strictement les prescriptions du droit et les cahiers des charges environnementaux. À l’inverse, toute activité minière qui ne respecte pas ces exigences, qu’elle dispose ou non d’une autorisation administrative, devrait selon lui être considérée comme illégale.
S’appuyant sur cette définition, Konan Kouadio Siméon affirme qu’« en l’état actuel des résultats sur le terrain, l’intégralité de l’orpaillage en Côte d’Ivoire est illégale ».
Il conteste ainsi le discours officiel présentant l’orpaillage autorisé comme une activité « encadrée et responsable ». Selon lui, les exploitations semi-industrielles disposeraient de moyens mécaniques leur permettant de provoquer des dommages à une échelle parfois supérieure à celle des exploitants clandestins.
Excavatrices, bulldozers et autres engins lourds participeraient, écrit-il, au décapage des sols, à la destruction de la végétation et à la création de vastes excavations. Des sites qui, faute de réhabilitation, pourraient ensuite se transformer en retenues d’eau insalubres ou en pièges pour les populations.
KKS élargit ensuite sa critique au système d’attribution des autorisations minières. Il s’interroge notamment sur les bénéficiaires de certaines concessions ouvertes par le Code minier de 2014.
L’ancien candidat évoque, sous la forme d’interrogations et de « fortes présomptions », la présence éventuelle de hauts responsables proches du pouvoir ainsi que d’anciens acteurs de la rébellion parmi les bénéficiaires de concessions minières. Il réclame, pour établir la réalité des faits, un audit permettant d’identifier les véritables détenteurs et bénéficiaires de ces autorisations.
Selon lui, la lutte contre l’orpaillage clandestin ne saurait donc se limiter à la fermeture de sites exploités sans autorisation. Il redoute que les opérations visant exclusivement les clandestins puissent, à terme, profiter aux acteurs disposant de concessions légalement attribuées.
Face à ce qu’il présente comme une urgence écologique, sécuritaire et sociale, Konan Kouadio Siméon appelle à une rupture avec le modèle actuel.
Il réclame en premier lieu la suspension immédiate et totale de toutes les activités d’orpaillage, qu’elles soient autorisées ou clandestines, afin de permettre, selon lui, la restauration des écosystèmes dégradés.
Il demande également l’instauration d’un moratoire sur la vente des terres coutumières, au profit exclusif du bail emphytéotique. Pour le président d’IPP, la question de l’orpaillage est étroitement liée à celle de l’accès au foncier et à la protection du patrimoine des communautés.
Konan Kouadio Siméon appelle par ailleurs les Ivoiriens à soutenir massivement sa pétition citoyenne consacrée à la lutte contre l’orpaillage. Il présente cette mobilisation comme une cause dépassant les clivages politiques et appelle à placer la préservation des ressources naturelles au-dessus des intérêts partisans.
« Notre terre n’est pas à brader, notre avenir n’est pas à négocier », écrit-il, avant de reprendre son slogan : « Le parti d’accord, mais la patrie d’abord ! »
Dans le même message, KKS annonce l’ouverture d’un canal de contribution financière destiné à soutenir les actions de terrain de son mouvement. Il invite ses sympathisants à participer à cette campagne citoyenne, y compris par de petites contributions.
Maxime KOUADIO








